Deux policiers municipaux visés par une enquête à Belfort
(Keystone-ATS) Le maire de Belfort, Damien Meslot, a suspendu certaines actions de coopération avec la police nationale. Cette décision intervient après la mise en garde à vue de deux agents de la police municipale dans le cadre d’une enquête pour «faux en écriture» suite à une interpellation.
Début mai, deux agents de la police municipale de Belfort ont été entendus en garde à vue par la police nationale dans le cadre d’une enquête pour «faux en écriture publique par personne dépositaire de l’autorité publique», diligentée par le procureur de la République de Belfort, Eric Plantier.
Ils sont ressortis libres et le dossier a été dépaysé près le parquet du tribunal de Besançon, qui a ouvert une information judiciaire pour le même motif.
Versions discordantes
«Lors de leurs auditions, les agents sont restés très laconiques. Je souhaite qu’ils soient entendus par un juge d’instruction», a indiqué à l’AFP le procureur de Besançon, Etienne Manteaux, soulignant l’importance de l’exactitude des procès-verbaux pour une enquête judiciaire.
Cette enquête fait suite à l’interpellation d’un conducteur de scooter menée le 17 avril par ces deux agents municipaux. Dans leur rapport, ils ont indiqué que l’homme s’était livré à une transaction douteuse avant de s’enfuir et de les percuter à deux reprises alors qu’ils lui demandaient de s’arrêter, ont précisé les magistrats.
Entendu par la police nationale, l’interpellé a réfuté ces accusations. Les enregistrements de vidéo-protection de la ville ont montré «une discordance flagrante» entre le déroulement de la scène et la version des deux agents de police municipale, selon M. Plantier.
Sur ces images, «on ne voit pas de crime ou de délit commis par le conducteur du scooter», mais «on voit qu’un agent municipal percute le scooter avec son vélo et va au contact du conducteur», a noté M. Manteaux.
«Une anecdote»
Dans un courrier adressé au directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de Belfort, que l’AFP a pu consulter jeudi, M. Meslot annonce sa décision de suspendre «pour une durée indéterminée» les actions de coopération opérationnelle entre la police municipale et la police nationale telles que «les opérations coordonnées de sécurité publique, les patrouilles communes ou encore le renfort apporté par les policiers municipaux» sur certaines opérations de la police nationale.
«La garde à vue des deux policiers municipaux est disproportionnée. C’est quelque chose d’extrêmement rare pour des faits qui relèvent de l’anecdote», a estimé auprès de l’AFP Damien Meslot (LR).