Aujourd’hui en Suisse
Bonjour à vous, Suisses du monde,
Le Yémen, guerre oubliée. On entend parler de massacres, de crise humanitaire, de ventes d’armes suisses, et on regarde vite ailleurs. Aujourd’hui, nous vous proposons trois éclairages sur cette région qui fut celle de la Reine de Saba, au temps de l’Arabie Heureuse.
Nous parlerons aussi d’espionnage, avec l’affaire Crypto, dont on commence à peine à entrevoir l’ampleur, de célibat des prêtres et de l’incontournable St-Valentin.
Bonne lecture,
On ne parle pas beaucoup en Suisse de la sale guerre qui ravage le Yémen. Aujourd’hui, nous vous apportons trois éclairages sur ce conflit oublié.
Saddam Hamed Abu Asim est un des rares Yéménites à avoir réussi à s’échapper de ce pays en guerre. Rentrer pourrait lui coûter la vie. De Berne, ce journaliste dont les écrits ont fâché les deux camps continue à militer pour l’apaisement, avec lucidité.
La Suisse, championnes des bons offices, peut-elle faire quelque chose pour la paix au Yémen? Lorsqu’on évoque cette guerre, ce sont surtout les ventes d’armes helvétiques à l’Arabie Saoudite, partie prenante au conflit, qui font la une. Les efforts diplomatiques existent cependant.
Pour les Romains, le Yémen, c’était pourtant l’Arabie Heureuse. L’architecture, les couleurs et les coutumes de cette civilisation plusieurs fois millénaire ont charmé plus d’un voyageur. Dans les années 1980, la photographe suisse Monique Jacot en a ramené des montagnes d’images.
- Le portrait de Saddam Hamed Abu Asim, par mes collègues Sibilla Bondolfi, Kathrin Ammann et May Lichtsteiner-Elmahdi
- L’article de Kathrin Ammann, sur le rôle discret de la Suisse au Yémen
- La galerie des photos prises au Yémen il y a 50 ans par Monique Jacot, compilée par mon collègue Thair Alsaadi
L’affaire d’espionnage entourant la société suisse Crypto touche directement à la neutralité du pays, au cœur de son identité. Des voix s’élèvent d’un peu partout pour réclamer la transparence: qui savait exactement quoi?
Nom de code «Opération Rubicon». L’ampleur planétaire de l’affaire Crypto commence à émerger. Et elle donne le vertige. Pendant des décennies, la CIA, propriétaire de Crypto avec les services de renseignements allemands, a vendu aux pays du monde entier des appareils de chiffrage truqués, afin d’intercepter leurs communications secrètes.
Crypto est une société privée, l’État suisse n’est donc pas formellement responsable de ses agissements. Mais si les services secrets, ou pire, le gouvernement, étaient au courant des faits, alors la neutralité aurait été clairement violée.
Les partis politique sont sous le choc, les médias s’agitent. Tout indique que cette affaire ne fait que commencer. De nombreuses voix réclament déjà une commission d’enquête parlementaire.
- L’article de Kathrin Ammann sur la question de la neutralité et les réactions en Suisse
- Greg Miller, journaliste d’investigation au Washington Post, explique à la RTS le fonctionnement de l’Opération RubiconLien externe
- Le reportageLien externe (audio) de l’émission «Tout un Monde» de la RTS sur l’affaire Crypto, et l’influence que les renseignements interceptés ont eu sur l’histoire récente du monde – rien de moins
«L’obligation du célibat est une des causes de la crise au sein de l’Église». C’est l’avis d’un abbé, Claude Ducarroz, ancien prévôt de la Cathédrale de Fribourg, secouée en ce moment par un scandale sexuel.
Le Pape François n’a pas donné suite à la demande des évêques d’Amazonie, qui voulaient pouvoir ordonner des hommes mariés. «C’est étonnant, et c’est dommage», estime Claude Ducarroz.
L’abbé rappelle la position délicate du Pape, chef d’une Église de plus en plus divisée sur la question. Et dit «craindre» que l’ère réformiste qui a marqué les premières années du règne de François ne touche à sa fin.
Claude Ducarroz rappelle également que le célibat n’est pas une obligation universelle pour les prêtres catholiques. Dans les églises d’Orient, qui sont les plus anciennes, les prêtres peuvent choisir entre le mariage et le célibat avant leur ordination.
- L’interviewLien externe de l’abbé Claude Ducarroz, dans la Matinale de la RTS
- «La nonne suisse qui veut mettre fin au célibat», un portrait étonnant, dans la série «Génération globales», des rédactions web de la SSR
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