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Aujourd’hui en Suisse

Bonjour à vous, Suisses du monde,

«Nous sommes arrivés à un certain plateau.» Les mots prononcés par Patrick Mathys de l’Office fédéral de la santé publique sont un signe d’espoir, l’espoir de voir l’épidémie de coronavirus ralentir en Suisse, de voir la lumière au bout du tunnel. 

Le Covid-19 est toutefois encore loin d’être vaincu et certains sont durement impactés par la pandémie, notamment les prostituées. Des destins que nous vous racontons aujourd’hui.

Bonne lecture,

Anthony Anex/Keystone
​​​​​​​Le nombre de contaminations au coronavirus continue d’augmenter en Suisse, mais de façon moins rapide ces derniers jours. Mardi, plus de 25’800 personnes avaient été testées positives en Suisse et 1153 étaient décédées.

«Nous sommes arrivés à un certain plateau», a annoncé le chef de la section Gestion de crise et collaboration internationale de l’Office fédéral de la santé publique, Patrick Mathys, lors d’une conférence de presse mardi. Il a également remercié la population suisse pour sa discipline durant un week-end pascal radieux.

Les pressions sont vives pour relancer l’économie suisse à l’arrêt depuis bientôt un mois, alors que certains pays, comme l’Autriche par exemple, commencent à sortir progressivement du confinement. Les syndicats et les patrons s’accordent à dire que la priorité est de préserver l’emploi.

Depuis le 16 mars, les prostituées ne peuvent plus exercer leur activité et n’ont ainsi plus de revenu. Anne-Camille Vaucher

«Certaines de mes collègues se sont retrouvées sans toit lorsque leur salon a fermé.» Les mots d’Alexandra traduisent la situation dramatique dans laquelle se trouvent les prostituées, qui ne peuvent plus travailler depuis le 16 mars en Suisse en raison de la propagation du coronavirus.

La précarité pousse certaines travailleuses du sexe à prendre de gros risques, en continuant à travailler illégalement. Ce n’est pas une option pour Alexandra. Privée de revenu, elle a la chance de vivre avec son copain. «Jusqu’à présent nous nous en sortons», dit-elle. Elle espère recevoir des indemnités de l’assurance perte de gain.

À Lausanne, l’association Fleur de Pavé a lancé une collecte de fonds pour aider les plus démunies à se nourrir et se loger. «Notre société stigmatise les travailleuses du sexe. Ces dernières ne se sentent dès lors pas légitimées à demander un soutien», explique Sandrine Devillers, la directrice adjointe de l’association.

Keystone / Laurent Gillieron

Le coronavirus impacte aussi fortement l’éducation. Depuis le 16 mars, les enfants font l’école à la maison. Le téléapprentissage pourrait accélérer la numérisation de l’enseignement, mais aussi accroître les inégalités.  

L’apprentissage ne prend pas la même place dans la vie de tous les élèves confinés. Une étude suisse a montré que près de 20% des jeunes âgés de 10 à 19 ans disent consacrer moins de neuf heures par semaine au travail scolaire, un tiers y consacre entre 15 et 25 heures et un dernier tiers y consacre plus de 25 heures.

Les enfants de parents universitaires ont plus de chances (50,6%) d’accéder eux-mêmes à des études universitaires que ceux dont les parents ont un niveau d’éducation inférieur (12,2 %). Un fossé éducatif qui pourrait s’aggraver si les écoles restent longtemps fermées, selon le spécialiste Stephan Huber.

Keystone

Pour lutter contre les effets de la pandémie, la Confédération devrait-elle mettre en place un programme d’aide pour les Suisses de l’étranger? Nous vous avons posé la question la semaine dernière.  

Parmi vous, les partisans d’une aide de la Suisse mettent surtout en avant le manque de structures dans leur pays de résidence. «Ceux qui se mettent dans le pétrin sans que ce soit leur faute devraient recevoir de l’aide», écrit Urs P. Diethelm, via notre application.

Un avis que ne partage pas Chris Bruhwiler, établi en Thaïlande: «En tant que Suisses de l’étranger, nous sommes nous-mêmes responsables. Il serait injuste d’attendre une aide de la Suisse, car il y a suffisamment de personnes dans le besoin chez nous.»

Hans-Jörg Jäger, également en Thaïlande, a constitué des réserves. Il devrait donc survivre six mois sans devoir licencier aucun de ses 25 employés, même si son hôtel est vide et que le restaurant est fermé. Il est aussi contre une aide de la Confédération: «Tournez d’abord le dos à la Suisse, puis demandez de l’aide et, bien sûr, ne payez pas d’impôts ! Comment cela est-il censé fonctionner?»

  • Lire l’article de ma collègue Melanie Eichenberger «Pas d’argent, presque pas d’aide, mais une valise remplie d’espoir»
  • L’Organisation des Suisses de l’étranger a répondu aux sept questions les plus importantes posées par des Suisses de l’étranger sur la situation actuelle, à lire iciLien externe
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