Aujourd’hui en Suisse
Amies lectrices, amis lecteurs, bonjour,
Comment faire le deuil d’un proche en temps de pandémie, lorsque les rites funéraires se voient réduits à leur plus simple expression? Au Tessin, nous avons rencontré des entrepreneurs de pompes funèbres bouleversés.
Au menu de ce briefing également, des fraudeurs et des multinationales à qui la pandémie profite. Quant à ces fameuses applications de traçage qui vont beaucoup faire débat ces prochains temps, nos explications devraient permettre à chacune et à chacun de voir exactement de quoi on parle.
Excellente lecture,
Comme toute épidémie, le coronavirus chamboule notre rapport à la mort. Les familles des victimes doivent renoncer à la plupart des rites d’adieu à leurs chers défunts, ce qui est souvent douloureux. Témoignages au Tessin.
La mort fait partie de leur quotidien. Pourtant, l’épidémie bouleverse les entrepreneurs de pompes funèbres. Il y a la difficulté de préparer des défunts qui peuvent encore être contagieux, mais surtout celle d’accompagner les familles.
Aucune cérémonie funéraire ne peut plus se tenir normalement. Impossible de dire adieu au cher disparu, de se réunir nombreux pour l’accompagner, ni à l’église, ni plus tard à la maison.
Avec le début du déconfinement, ces mesures seront toutefois assouplies. Le nombre de personnes aux enterrements est désormais lié à l’espace disponible dans les centres funéraires.
- L’article de ma collègue Sonia Fenazzi
- Le point de la situation sur le coronavirus en Suisse, actualisé en permanence
- Notre dossier, avec tous nos articles, images et vidéos sur la pandémie
Même si la pandémie a ralenti les échanges monétaires, les flux d’argent illicite, eux, se maintiennent. Car les criminels sont très flexibles et développent de nouvelles techniques et de nouveaux canaux de blanchiment.
Les «gendarmes» du système financier ont assoupli leurs règles, pour ne pas entraver les plans de soutien à l’économie. L’argent légal circule plus facilement, et donc l’argent sale aussi.
Depuis quelques semaines, on assiste à une augmentation des cyber-attaques. Pas de tentatives notables de fraudes externes contre des banques suisses, mais le risque de fraude interne est élevé.
Le télétravail est également un facteur de risque. Les applications de visioconférence de type Zoom pourraient être hackées et si la séance a pour objet des décisions d’opérations en bourse, le risque de délit d’initié est réel.
- L’article du collectif d’investigation sur la criminalité économique Gotham City
Les fameuses applications de traçage utilisées dans la lutte contre la pandémie suscitent toutes sortes de craintes, des fuites de données à la surveillance universelle type Big Brother. Comment fonctionnent-elles exactement? Vous allez tout comprendre.
Le traçage n’est pas une localisation. L’application que vous installez sur votre smartphone n’enregistre que vos contacts avec des personnes qui ont aussi installé l’application. Si, ensuite, l’une d’elles s’annonce comme infectée par le virus, vous êtes prévenus.
Système centralisé vs système décentralisé: l’essentiel du débat est là. Si toutes les données sont stockées sur un serveur unique, celui-ci sera plus facile à pirater, estiment les spécialistes. À l’inverse, les données peuvent n’être conservées que sur le téléphone de l’utilisateur.
Quoi qu’il en soit, la question n’a pas fini de faire débat. Le Parlement, qui se réunit la semaine prochaine en session spéciale, veut avoir son mot à dire et ne pas laisser la décision au seul exécutif.
- L’article de mon collègue Matthew Allen
La crise sanitaire n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Novartis et UBS annoncent des résultats mirobolants au premier semestre 2020. Dans les deux cas, les multinationales ont profité d’un effet coronavirus.
Le géant de la pharma a généré une croissance de 11% sur les trois premiers mois de l’année, qui porte son chiffre d’affaires à plus de 12 milliards de dollars. Novartis écrit notamment que «le Covid-19 a eu pour effet d’augmenter les achats anticipés, notamment au niveau des patients, dont certains ont présenté des ordonnances couvrant une période plus longue que la normale».
UBS, de son côté, voit son bénéfice net faire un bond de 40% à 1,6 milliard de dollars. Le géant bancaire a déjà octroyé des crédits garantis par la Confédération aux petites et moyennes entreprises suisses affectées par le coronavirus pour 2,5 milliards. Aux États-Unis, UBS a alloué jusqu’à 2 milliards de dollars en crédits d’urgence.
- L’articleLien externe (avec audio) de RTS Info sur la croissance de Novartis
- L’articleLien externe (avec audio) de RTS Info sur les bénéfices d’UBS
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