
Duterte annule les prochaines négociations avec la rébellion

(Keystone-ATS) Le président philippin Rodrigo Duterte a annulé les prochaines discussions prévues avec la rébellion communiste, une des plus anciennes d’Asie. Il inflige ainsi un revers au processus de paix qui avait été amorcé en 2016.
Dans un discours prononcé mardi soir, le bouillant chef de l’Etat a fustigé les rebelles pour de récentes opérations contre l’armée et la police. Il a menacé de les ranger dans la liste des organisations «terroristes».
«J’ai décidé d’arrêter les discussions avec la NPA», a-t-il dit en citant le sigle de la Nouvelle armée du peuple. Le bras armé de la rébellion communiste compte 3800 membres.
Le Parti communiste des Philippines, qui veut renverser un régime capitaliste accusé d’avoir généré des écarts de richesses parmi les plus importants en Asie, a pris les armes en 1968. Selon l’armée philippine, l’insurrection a fait 30’000 morts. Des négociations de paix ont été épisodiquement lancées à de nombreuses reprises ces 30 dernières années.
«Repartons en guerre!»
Et ce processus a été remis sur la table en 2016 après l’élection de M. Duterte, qui se présente comme un socialiste. La Norvège et les Pays-Bas ont accueilli les discussions.
«Dites aux gars aux Pays-Bas que je ne suis plus disponible pour des discussions officielles. Repartons en guerre!», a ajouté le président en référence aux leaders de l’insurrection vivant en exil en Europe.
Manille avait déjà suspendu en mai les pourparlers de paix après que les rebelles eurent décidé d’intensifier leurs attaques. Et en juillet, M. Duterte avait menacé d’y mettre un terme après une embuscade dans laquelle quatre de ses gardes du corps avaient été blessés.
Le chef de l’Etat a cette fois invoqué une embuscade dans le Sud des philippines dans laquelle un policier et un bébé de quatre mois ont péri. Le mois dernier, il avait accusé les rebelles communistes de complot pour déstabiliser sa présidence.