BASF supprime 3700 emplois chez Ciba
Nouveau propriétaire de Ciba - acquis au début de l'année pour 6,1 milliards de francs -, le géant chimique allemand BASF commence à démanteler le groupe bâlois. 3700 emplois seront supprimés dans le processus, dont plus de 500 en Suisse.
Lundi, une porte-parole de BASF indique que «la plus grande partie» des postes concernés seront supprimés chez Ciba. Son effectif est de 12’500 personnes dans 120 pays, dont 2500 en Suisse. Et 2500 est aussi le chiffre des emplois qui devraient être supprimés chez Ciba. Le solde, soit 1200 postes, sera supprimé chez BASF (qui emploie 97’000 personnes dans le monde).
BASF annonce aussi que sur les 55 sites de production de Ciba dans le monde, 23 sont sur la sellette, pour être restructurés, fermés ou vendus. Les 32 restants seront intégrés au groupe et partiellement restructurés.
Selon la porte-parole, aucun des quatre sites de Ciba en Suisse – Bâle, Kaisten (Argovie), Monthey (Valais) et Schweizerhalle (Bâle Campagne) – n’est menacé de fermeture ou de vente. Elle précise également que les mesures annoncées toucheront davantage le personnel administratif que celui de la production, et qu’un plan social est en négociations.
Ciba avait déjà supprimé un bon millier de postes entre 2004 et 2006. En 2006, le groupe bâlois annonçait un nouveau paquet d’économies qui prévoyait que 2500 postes supplémentaires passeraient à la trappe d’ici la fin de cette année. En ce sens, l’annonce faite ce lundi n’est qu’une confirmation.
Le groupe, dont la gamme de produits très large va des pigments pour laques d’automobiles aux adjuvants de dentifrice, se débat depuis des années dans les difficultés malgré ses efforts soutenus de restructuration. L’an dernier, dans un contexte économique déjà en crise, Ciba a essuyé une perte de 564 millions de francs pour un chiffre d’affaires en baisse de 9% à 5,92 milliards.
Les syndicats – notamment Syna, Unia et Employés Suisses – qui parlent pour leur part de 530 suppressions d’emplois en Suisse -, ont qualifié l’annonce de BASF de «choquante» et de «dramatique». Syna relève toutefois que le groupe «a promis de mener sa restructuration de manière socialement supportable et en collaboration avec les représentants des travailleurs».
Syna exige par ailleurs que les hauts dirigeants de Ciba, dont l’ancien président du conseil d’administration Armin Meyer, rendent leurs bonus et indemnités de départ touchés depuis trois ans et que ces sommes soient affectées au plan social.
swissinfo.ch et les agences
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