Gruyère: Suisse et France enterrent la hache de guerre
Berne et Paris ont mis un terme au conflit qui les opposait depuis trois ans sur l'appellation d'origine contrôlée (AOC) Gruyère. Les producteurs français renoncent à cette reconnaissance pour demander une indication géographique protégée (IGP).
«Les Français nous ont informés qu’ils renonçaient à demander l’AOC», a annoncé Philippe Bardet, directeur de l’Interprofession du Gruyère, confirmant une information diffusée samedi par le quotidien fribourgeois «La Liberté».
Le syndicat interprofessionnel du Gruyère en France a transformé son dossier AOC en dossier IPG, moins contraignant. . Si du côté helvétique, une AOC a été obtenue en 2001, le Gruyère français (à trous, contrairement au Gruyère suisse) la possède depuis début 2007.
Cette nouvelle demande a été déposée auprès de la Commission européenne. Celle-ci estimait que le dossier français n’était pas suffisamment étayé, avaient indiqué en février dernier des sources proches du dossier à Bruxelles.
La Suisse et l’Union européenne (UE) ont annoncé en décembre un projet d’accord sur la reconnaissance mutuelle des appellations d’origine protégées (AOP), des AOC et des IGP. Une vingtaine de produits alimentaires auront la même protection de part et d’autre des frontières.
Seul l’Emmental a été exclu de l’accord. En Suisse, l’«Emmentaler» est une AOC alors que dans l’UE, ce nom est considéré comme générique.
Cantons, entreprises et citoyens suisses ont pu exprimer leurs éventuelles remarques sur une liste de 800 AOP et IGP protégées dans l’UE. Jeudi, l’Office fédéral de l’agriculture informera les organisations AOC-IGP suisses sur les détails de cette consultation, a indiqué Philippe Bardet. Le responsable attend un calendrier clair pour la ratification de cet accord.
swissinfo.ch et les agences
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