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Il arrive encore à Claudio Zanetti (UDC/ZH) d'écrire avec un stylo (archives).

KEYSTONE/LUKAS LEHMANN

(sda-ats)

Avec ses plus de 300 millions d'utilisateurs répartis dans le monde, Twitter a toutes les apparences d'une plate-forme populaire. "En Suisse, c'est pourtant un réseau élitiste utilisé principalement par les politiciens et les journalistes", analyse Julia Metag.

"Contrairement aux Etats-Unis, où une grande partie de la population est sur Twitter, seuls 16% des Suisses ont un compte", indique cette professeure à l'Université de Fribourg et auteure de plusieurs articles sur les rapports entre politiciens et réseaux sociaux. A titre de comparaison, près de 70% des conseillers nationaux et 50% des conseillers aux Etats sont tombés dans le nid de l'oiseau bleu.

"Se faire connaître auprès du peuple n'est donc pas la seule raison pour laquelle les politiciens s'inscrivent sur Twitter. Ils y sont surtout pour discuter entre eux et pour atteindre les journalistes qui transmettront à leur tour leurs idées", précise à Keystone-ATS Julia Metag.

Comme dans une bulle

Une analyse confirmée par plusieurs parlementaires suisses. "Twitter fonctionne comme une bulle. J'y suis en contact avec des collègues écologistes en Suisse et à l'étranger, ainsi qu'avec la base du parti", confie la conseillère nationale Adèle Thorens (Verts/VD), l'une des politiciennes qui tweete le plus. "Mais il ne faut pas se faire d'illusions. Atteindre des personnes en dehors de sa communauté est probablement difficile."

Le conseiller aux Etats Ruedi Noser (PLR/ZH), également adepte de l'oiseau bleu, confirme lui que le réseau permet une meilleure connexion avec les journalistes. "Lors de votations, je publie rapidement un commentaire sur Twitter que les journalistes utilisent dans leurs articles. Je reçois alors beaucoup moins de coups de fil."

D'autres recherchent plutôt la confrontation avec les médias, à l'image de Claudio Zanetti (UDC/ZH). Le conseiller national le plus actif sur Twitter s'oppose aux journalistes plus qu'il ne cherche à les séduire. "Je corrige beaucoup de leurs erreurs. Ou de leurs omissions. Lundi, un conservateur a remporté la présidentielle colombienne. Et presque personne n'en parle chez nous."

Contact direct avec le peuple

Le Zurichois estime que le réseau social lui permet également d'avoir un contact plus direct avec le peuple à travers des discussions privées ou publiques. Tout comme Ruedi Noser. "Après chaque session, j'envoie une lettre d'informations sur Twitter, Linkedin et via courriel. En retour, je reçois environ 300 réactions auxquelles je réponds personnellement."

Les réseaux sociaux sont pour le libéral-radical d'autant plus importants qu'il évolue dans un canton très peuplé où il est parfois difficile d'attirer l'attention de la population ou des journalistes. "Sur Twitter, nous ne devons pas vendre nos idées à un journaliste qui décidera de les publier. Nous les publions directement."

La densité d'un canton semble en effet être déterminante dans la connectivité des parlementaires. Les députés zurichois, bâlois et bernois sont les plus nombreux à disposer d'un compte et à tweeter régulièrement. A l'inverse, aucun des parlementaires uranais et jurassiens n'est sur Twitter.

"Plus un canton est petit, plus ses politiciens ont des contacts directs avec leur électorat. Ils n'ont donc pas besoin d'être sur Twitter. Dans les grands cantons, c'est plus difficile. Twitter les aide à atteindre un pan plus large de la population", explique Julia Metag.

Flatter l'ego des politiciens

Des exceptions existent cependant. Lisa Mazzone (Verts/GE), qui figure parmi les plus jeunes députés et représente l'un des cantons romands les plus peuplés, n'a pas de compte. "J'ai souhaité conserver un espace privé et me préserver de l'hyperconnectivité."

Un risque bien réel comme le démontre le cas de Natalie Rickli (UDC/ZH). La conseillère nationale a été victime de surmenage en partie à cause d'une utilisation excessive des réseaux sociaux.

Pour Olivier Feller (PLR/VD), c'est surtout le manque de plus-value, "que ce soit au niveau du traitement des dossiers que de la relation avec l'électorat", qui le pousse à rester en retrait.

"C'est plus une forme d'amusement et un moyen de flatter l'ego de certains politiciens", tacle le le conseiller national, qui affirme s'appuyer sur son expérience de Facebook. "Quand j'y publie un sujet de fond, j'ai beaucoup moins de retour que lorsque je publie une photo de mes collègues et moi-même."

A l'avenir, ni Lisa Mazzone ni Olivier Feller n'entendent s'inscrire sur Twitter. Une situation qui n'étonne pas Julia Metag. Selon la professeure fribourgeoise, le futur ne réservera que peu de changements. "Par effet de mode, il y aura peut-être plus de comptes, mais pas nécessairement plus d'activité."

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