Fessenheim peut être exploitée dix ans de plus, selon Paris
(Keystone-ATS) La centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim, doyenne des installations en activité en France, peut être exploitée pendant encore dix ans, estime l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette dernière reconnait toutefois que l’audit post-Fukushima pourrait changer la donne.
Dans le cadre des évaluations menées après Fukushima, dont les conclusions sont attendues pour la fin de l’année, «nous poserons des questions plus extrêmes et il peut y avoir des conclusions plus extrêmes», a prévenu le président de l’ASN, André-Claude Lacoste.
Mais au vu du rapport de suivi décennal auquel sont soumis tous les réacteurs français, le réacteur numéro 1 de Fessenheim «est apte à être exploité pour une durée de dix années supplémentaires à condition de respecter un certain nombre de prescriptions», a-t-il déclaré lundi lors d’une conférence de presse à Paris.
Le patron de l’ASN a précisé que cette décision était le résultat de «sept années d’études» antérieures à l’accident de la centrale japonaise de Fukushima, consécutif au tsunami géant du 11 mars.
Déception et critiques
En Suisse, la déception prédomine parmi les réactions. Les autorités de Bâle-Ville sont «toujours inquiètes» par le danger que Fessenheim représente pour la région, a déclaré lundi à l’ats Anne Lévy, directrice de la division de protection sanitaire au Département cantonal de la santé.
Le ton est critique du côté du Jura, qui s’était joint aux exigences bâloises. Le président du gouvernement Philippe Receveur a qualifié de prématurée et de précipitée la décision de l’ASN. Il a assuré que le canton du Jura ne baisserait pas les bras: «nous allons relancer le dossier avec l’appui de la Confédération».
Les écologistes français ont également déploré la décision de l’ASN. Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts (EELV) a fustigé l'»obstination» de l’ASN, «d’autant plus surprenante que les voisins suisses et allemands ont pris la mesure du risque nucléaire».