ABB face à ses actionnaires
Secoué par le scandale des pensions dorées de ses anciens dirigeants, le groupe helvético-suédois tient mardi son assemblée générale. Elle pourrait être animée.
Le géant mondial de l’équipement électrique est dans une très mauvaise passe. Il y a tout d’abord cette perte record pour l’année dernière, annoncée il y a un mois: plus d’un milliard de francs suisses. Il y a aussi les 233 millions de francs payés à deux anciens dirigeants de l’entreprise.
Depuis cette dernière révélation, d’ailleurs, ABB traverse une vraie tempête médiatique. Ses actionnaires auront donc du grain à moudre, ce mardi après-midi, en se retrouvant à Zurich, pour leur assemblée générale annuelle. Des raisons, aussi, de laisser cours à leur mauvaise humeur.
Barnevik et Lindahl remboursent
Annoncé ce week-end, le remboursement par Percy Barnevik et Göran Lindahl d’une partie (137 millions de francs ) de leurs indemnités de départ, ne va sans doute pas suffire à totalement désamorcer la crise. En tous cas, cela ne va pas empêcher Dominique Biedermann d’exprimer concrètement son mécontentement.
Le directeur de la fondation Ethos, qui gère les fonds de quelque 90 caisses de pension, sera au rendez-vous, mardi. Et, muni de 5 millions de voix (environ 0,4% du capital), il refusera d’accorder la décharge au conseil d’administration et à la direction.
Beaucoup de questions
Dominique Biedermann salue pourtant l’accord à l’amiable trouvé entre ABB et ses anciens managers. Mais cela ne lui suffit pas. Il veut savoir exactement comment les fameux 233 millions ont été négociés et approuvés au sein de l’entreprise.
Il ne sera pas seul à poser ces questions. Hans-Jacob Heitz, qui s’est illustré dans l’affaire Swissair, va lui aussi demander des comptes aux responsables d’ABB, au nom de l’Association de défense des actionnaires suisses, mise sur les rails en décembre dernier.
La justice saisie
L’avocat zurichois a fait parvenir fin février au conseil d’administration une vingtaine de questions, sur la situation financière du groupe et sur l’affaire Barnevik-Lindahl. Il fait également planer la menace d’une révision externe extraordinaire.
Rappelons que c’est Hans-Jacob Heitz qui, le 15 février dernier, avait porté plainte contre Percy Barnevik et Göran Lindahl. Motifs: gestion déloyale, abus de confiance et déclarations mensongères. Pas de quoi s’étonner, si l’atmosphère de cette assemblée générale devait être un peu tendue.
swissinfo/Pierre Gobet, Zurich
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.