André se défait de ses actifs en Amérique latine
En proie à de graves difficultés financières, le groupe agroalimentaire suisse a vendu son usine brésilienne au «roi du soja» local. Une transaction qui fait suite à la reprise des installations d'André en Argentine par le groupe Bunge.
Cette information a été divulguée par le quotidien Valor Econômico. C’est l’entrepreneur brésilien Blairo Maggi, le plus grand producteur de soja du Brésil, qui a pris le contrôle de l’usine d’huile de soja qu’André & Cie avait installée dans l’état de Paraná (sud du pays).
Les activités industrielles y étaient d’ailleurs suspendues depuis près d’un an, à la suite des déboires financiers du groupe suisse. André a été par le passé l’une des plus grandes entreprises de commercialisation et de transformation de produits agricoles.
Il y a quelques mois, André a même été mis en faillite à la demande de ses créanciers, après avoir accumulé des dettes de l’ordre de 400 millions de dollars, selon les estimations du marché financier.
Le groupe agro-alimentaire Bunge, qui avait récemment mis la main sur les biens du groupe suisse en Argentine, avait signalé que les installations brésiliennes d’André ne l’intéressaient guère.
Cela a laissé la voie libre au groupe de Blairo Maggi, qui a bâti un véritable empire du soja s’étendant du centre du Brésil jusqu’en Amazonie. L’usine du Paraná sera d’ailleurs entièrement démontée et transférée par camions, puis par péniche vers le port fluvial d’Itacoatiara, à 260 kilomètres de Manaus.
C’est en effet dans cette région isolée, au bord de la forêt vierge, que le groupe Maggi a établi son centre opérationnel. Le long périple à travers le Brésil devrait commencer dans trois mois, l’usine ne devant recommencer à tourner qu’en mars prochain dans la meilleure des hypothèses.
Le dépeçage du groupe André au Brésil n’en est pas pour autant achevé: la trading helvétique cherche encore un acquéreur pour deux entrepôts situés au Paraná, à Maringa et à Cascavel.
Thierry Ogier, Sao Paolo
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.