Asie-Pacifique: un Eldorado pour Roche et Novartis
La Chine est le marché qui séduit le plus les géants de la pharmacie comme Roche et Novartis.
De façon plus globale, ils considèrent l’Asie-Pacifique comme la région du monde qui offre le plus grand potentiel de croissance.
Franz Humer en est convaincu. Le président de Roche est le dernier en date des patrons de l’industrie pharmaceutique europeenne et nord-americaine à estimer que l’Asie-Pacifique constitue une sorte d’Eldorado pour le groupe suisse.
«D’ici cinq à dix ans, la Chine deviendra, sans doute, notre premier marché dans cette partie du monde. Mais aussi un important centre d’activites scientifiques pour notre firme», confie, mercredi, Franz Humer, au journal China Daily.
Une croissance très forte
Cet avis est partagé par Daniel Vasella, le président de Novartis. Le groupe suisse arrive, déjà, au troisième rang, des multinationales qui vendent le plus de médicaments en Chine.
«Ces trois prochaines années, nos ventes devraient augmenter de 15% à 20% par an dans ce pays», a confié, un peu plus tôt, Daniel Vasella devant un parterre d’investisseurs à Singapour.
La Chine ne représente encore que 2% du chiffre d’affaires global de Roche. Mais ses ventes connaissent, elles aussi, une croissance deux à trois fois supérieures à celles d’autres marchés arrivés à maturité depuis longtemps comme l’Europe et l’Amérique du Nord.
«Le marché des produits pharmaceutiques en Chine représente une valeur de 50 milliards de dollars par an. Mais il ne fait que s’entrouvrir à des groupes étrangers comme Roche et Novartis», observe un analyste de UBS Warburg à Tokyo.
Des obstacles à surmonter
Les obstacles à surmonter pour les multinationales de la pharmacie restent considérables en dépit de l’accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC)
«Novartis, Roche et les autres savent que la Chine se soucient très peu de la protection de la propriété intellectuelle.Obtenir des licences pour importer des médicaments de Suisse est un casse-tete. Et les prix des medicaments sont fixés par l’Etat», ajoute l’analyste de la banque d’affaires suisse à Tokyo.
Ces dix dernieres années, Roche et Novartis ont investi, chacun, plus de 200 millions de dollars dans des unites de production et de recherche en Chine. Ils cherchent, maintenant, à développer leurs propres réseaux de distribution et de ventes au détail.
«Le système de distribution chinois est trop fragmenté. Aucun distributeur ne couvre l’ensemble du pays. C’est fort coûteux», note Daniel Vasella.
Pour renforcer leur présence dans une region Asie-Pacifique qui abrite la moitie de l’humanité, Roche et Novartis se servent de quatre pays clé: le Japon, la Chine, Singapour et la Corée du Sud.
«Aujourd’hui, c’est le Japon qui leur sert de base arrière pour la conquête du plus vaste marché asiatique. C’est là où les groupes pharmaceutiques suisses réalisent l’essentiel de leurs bénéfices. Ils ne gagnent pas encore d’argent en Chine. C’est un investissement à très long terme», constate un analyste de Credit Suisse First Boston à Hong Kong.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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