Banques privées suisses sous le charme oriental
L'Extrême-Orient est la région du monde où les banques privées suisses vont développer le plus leurs activités ces prochaines années. Un rapport de la société de conseils McKinsey ne peut que les y encourager.
Vingt-trois pour cent des personnes qui possèdent un million de dollars ou plus en liquidités vivent en Extrême-Orient. De quoi inciter les banques privées à renforcer leurs bureaux à Singapour, Hong Kong, Taipei ou Séoul.
D’autant que – selon une récente étude de McKinsey – seule une riche famille asiatique sur cinq sollicite, aujourd’hui, les services de banquiers privés.
Mille milliards de dollars
«La banque privée est sans doute l’industrie qui enregistre l’une des croissances les plus fortes en Asie. C’est devenu une véritable mode», déclare un responsable de la banque Pictet à Singapour.
Quatre-vingts banques sont en concurrence dans la région pour gérer une fortune privée estimée entre 250 et 350 milliards de dollars. D’ici 2010, McKinsey estime que ce pactole pourrait atteindre mille milliards de dollars.
Pas étonnant, dès lors, que Pictet ait augmenté ces dernières années de 40% le nombre de ses banquiers à Singapour et à Hong Kong. Et que le Credit Suisse Private Banking ait doublé ses effectifs dans la région.
Une rivalité accrue
Les banquiers privés suisses sont d’ailleurs ceux qui attirent la clientèle asiatique la plus huppée. Car leur image de marque est plus attractive que celles d’autres grands groupes américains, comme Citygroup Private Bank ou encore JP Morgan Private Banking.
Pour autant, une rivalité accrue a poussé Pictet, Vontobel, Sarazin, Julius Baer et les autres à réduire leurs commissions.
«Leurs commissions représentent entre 1% et 5% de la fortune qu’elles gèrent, explique un analyste financier de l’UBS à Tokyo. La banque privée ne nécessite pas de coûteux investissements. Et elle peut être très profitable à partir d’une certaine taille critique.»
Et d’ajouter: «Aujourd’hui, les grandes banques suisses compensent leurs pertes sur des marchés boursiers en baisse par une hausse de leurs affaires dans la banque privée et la gestion de patrimoine».
Georges Baumgartner, Tokyo
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