Ce que le Forum apporte à Davos
Le Forum économique mondial serait une bonne affaire pour la station. C'est l'Université de St-Gall qui l'affirme. Les opposants, eux, crient à la propagande.
Mandatée il y a un an et demi pour étudier les retombées économiques du Forum économique mondial (WEF, pour son acronyme anglais), l’Université de Saint-Gall publie son rapport ce mercredi.
Selon ce document, la Suisse et Davos profitent largement du Forum, dont les retombées économiques sont chiffrées à 42 millions de francs.
L’étude a été mandatée par l’Office de promotion touristique de Davos, avec le soutien du canton des Grisons, du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) et des organisateurs du WEF. Elle a coûté 200’000 francs.
Des retombées pour tout le monde
A Davos même, les retombées s’élèveraient à 23 millions de francs, dont 16 millions de dépenses directement liées au Forum. Les hôteliers, les restaurants et les commerces en sont les premiers bénéficiaires.
Les auteurs de l’étude avertissent qu’un déménagement définitif du WEF menacerait 400 emplois dans la station.
Le reste des Grisons s’en sort moins bien que Davos. Les trois millions de francs à la charge du canton dépassent en effet les retombées.
Cité par l’Agence télégraphique suisse, Erwin Roffler, membre de l’exécutif de la station, a toutefois tenu à relativiser cette situation, en rappelant le poids de sa commune dans l’économie grisonne.
Quant à la Suisse, elle profiterait de retombées directes chiffrées à 9,6 millions de francs et de retombées indirectes pour 8 autres millions.
Une partie importante va à Genève, qui abrite le siège de l’organisateur du WEF. Zurich, qui profite de son aéroport, est le dernier bénéficiaire important recensé par l’étude.
«Etude unilatérale»
La Déclaration de Berne, association qui s’engage pour des relations Nord-Sud plus équitables, critique cette étude. Sur le principe, tout d’abord. «On ne s’intéresse qu’aux avantages économiques. C’est une perspective unilatérale», commente Matthias Herfeldt de la Déclaration de Berne.
Et sur les chiffres aussi. «Sur les 600 entreprises contactées, seules 25% ont répondu, affirme encore Matthias Herfeldt. Les autres 75% estiment sans doute que le Forum n’est pas important pour la région. Ou alors ils n’osent pas donner un avis négatif sur le WEF.»
Selon la Déclaration de Berne, nombreux sont les commerçants qui ne tirent aucun profit de la présence du WEF à Davos. Pire encore: bon nombre d’entre eux subissent même un déficit. Les hôtels de moyenne ou basse catégorie, par exemple.
L’association en conclut que l’étude est une «propagande pour le WEF». L’Université de Saint-Gall s’en défend bien sûr.
Les chercheurs affirment qu’ils ont livré là des chiffres bruts et transparents. Et que c’est maintenant au monde politique d’en tirer les conclusions.
swissinfo
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