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Collision aérienne: l’enquête se poursuit

Les sauveteurs poursuivent leurs recherches sur les lieux de l'accident. Keystone

Policiers et sauveteurs ont repris mercredi à l'aube les recherches pour retrouver les corps des victimes de la collision aérienne survenue dans la nuit de lundi à mardi au-dessus du lac de Constance.

«Même les responsables des barrages ont repris leurs positions, pour empêcher l’accès aux zones où se trouvent des débris des appareils et les corps des victimes», a déclaré mercredi matin un porte-parole de la police de Friedrichshafen. Les recherches avaient été interrompues durant la nuit.

Mardi soir les enquêteurs avaient indiqué avoir retrouvé l’une des deux boîtes noires du Boeing, qui est entré en collision avec un Tupolev russe dans la nuit de lundi à mardi, faisant 71 morts, dont 52 enfants.

Il s’agit de l’appareil enregistrant les données de vol de l’avion cargo, a précisé le chef de la police de Friedrichshafen, Ekkehard Falk.

L’examen de l’appareil doit débuter mercredi. M. Falk a en revanche dit ne disposer pour le moment d’aucune information précise sur l’enregistreur de voix du Boeing.

La société de courrier DHL, qui avait affrété le Boeing, a pour sa part déclaré que les deux «boîtes noires» de l’appareil avaient été retrouvées.

Dans l’après-midi, les enquêteurs avaient retrouvé un enregistreur de voix dans les débris des deux avions. Pour Ekkehard Falk, il s’agit «très probablement celui du Tupolev», bien qu’il n’en soit pas «tout à fait certain». La boîte noire contenant les données du vol du Tupolev avait été retrouvée dans la matinée.

L’examen de la boîte noire de l’appareil russe a montré que les contrôleurs suisses lui ont ordonné de descendre seulement 50 secondes avant l’accident, a rapporté l’agence russe Ria-Novosti. L’avion russe aurait obéit dans les 25 secondes, selon la même source.

Quinze experts russes sont arrivés mardi soir à Friedrichshafen, pour participer à l’enquête dirigée par la police allemande. D’autres experts américains et suisses sont également attendus. Ils n’auront qu’une fonction d’observateur et n’auront pas de pouvoir de décision.

Déroulement des faits

Vers 23 heures 35 sur la rive allemande du lac de Constance, des témoins ont raconté avoir vu deux ou trois boules de feu dans le ciel et entendu une explosion. «Soudain le ciel est devenu tout clair, comme quand ça brûle», déclare Klaus Barinka, capitaine d’un bac transportant des voitures.

L’accident s’est produit au-dessus de la petite ville d’Überlingen. Un Tupolev TU-154 de la compagnie russe Bashkirian Airlines avec 69 personnes à bord est entré en collision avec un avion cargo Boeing 757 de la société privée de courrier DHL.

Les deux appareils se sont percutés à 10 600 mètres d’altitude après avoir plongé de 200 mètres pour essayer de s’éviter.

Des débris sur 30 kilomètres

Des centaines de secouristes allemands se sont activés toute la journée de mardi sur les lieux de l’accident, une zone de forêts et de pâturages. Des corps de passagers et des morceaux d’épave jonchaient le sol sur un périmètre de près de trente kilomètres. Vingt-six corps avaient été retrouvés jusqu’au soir.

Au sol, personne n’a été blessé par les débris, selon les premières informations. Mais plusieurs habitations ont été touchées près du village d’Owingen. Un incendie s’est déclenché dans une école, une ferme et plusieurs maisons. Le feu a toutefois été maîtrisé.

Les Russes attaquent Skyguide

Les Russes ont pour leur part réfuté toute responsabilité. «L’équipage a rempli intégralement tous les ordres des aiguilleurs du ciel suisses», a déclaré le directeur de la compagnie Bashkirian Airlines. Selon lui et la direction de l’aviation civile russe, l’accident est dû à une «erreur humaine» des aiguilleurs.

La poursuite de l’analyse des boîtes noires des appareils permettra peut-être de déterminer les circonstances exactes de l’accident. L’aiguilleur du ciel en fonction au moment du drame, qui est en état de choc, devrait être interrogé mercredi ou jeudi.

Ce contrôleur, qui bénéficie de plusieurs années d’expérience, était seul au moment de l’accident, et surveillait cinq vols au total. Son collègue avait pris une pause, selon Anton Maag.

52 élèves partis pour des vacances en Espagne

Parti de Moscou, l’avion russe avait fait escale à Munich et se rendait à Barcelone. Cinquante-deux enfants, dont neuf avaient moins de 12 ans, avaient pris place à bord. Ils étaient les meilleurs élèves d’une école créée par l’UNESCO à Oufa, la capitale de la république du Bachkortostan au pied de l’Oural. Leur récompense: des vacances sur la Costa Brava.

La moitié de ces jeunes étaient les enfants de hauts responsables de la petite république russe. Les élèves étaient arrivés samedi à Moscou et auraient dû repartir ce jour-là. Mais, en raison de problèmes d’organisation du voyage et de visas, ils ont attendu jusqu’à lundi avant de quitter la capitale. Le Tupolev transportait en outre douze membres d’équipage et cinq adultes.

L’avion cargo de DHL qui était parti de Bahrein pour Bruxelles, n’avait lui pour seul équipage que deux pilotes, un Britannique et un Canadien.

swissinfo avec les agences

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