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Credit Suisse dans la tourmente

L'homme fort du Credit Suisse, Lukas Mühlemann, souligne le contexte difficile dans lequel son groupe a évolué. Keystone

Lukas Mühlemann reste aux commandes du Credit Suisse Group, en perte de vitesse. Ses résultats affichent une forte baisse pour l'exercice 2001.

«2001 a été une année difficile pour notre entreprise, comme pour l’ensemble du secteur de la finance», a relevé Lukas Mühlemann, président du conseil d’administration et président de la direction du Credit Suisse Group (CSG), mardi devant la presse à Zurich.

Dans ce contexte de résultats mitigés, Lukas Mühlemann a pourtant indiqué qu’il tenait à conserver sa double casquette de président de la direction (CEO) et de directeur du conseil d’administration du CSG. Et cela, malgré la polémique sur les multiples mandats des grands patrons suisses qui couve depuis plusieurs semaines.

«Je suis peut-être un président de conseil d’administration plus actif par rapport à d’autres entreprises», a lancé ironiquement Lukas Mühlemann. De manière générale, la banque s’efforce de conduire une bonne stratégie, notamment en termes de gouvernement d’entreprise (corporate governance).

La restructuration du Credit Suisse First Boston

Le CSG avait déjà lancé une mise en garde fin janvier sur la chute de ses résultats en 2001, notamment au 4e trimestre. Le bénéfice net a plongé de 73% par rapport à 2000 pour s’établir à 1,6 milliard de francs. Le résultat d’exploitation s’est pour sa part fixé à 4 milliards, en recul de 45%.

Ce montant n’intègre toutefois pas des facteurs spéciaux liés à la restructuration du Credit Suisse First Boston (CSFB) ainsi que des amortissements de goodwill et de valeurs incorporelles acquises.

Ces facteurs s’élèvent à 1,1 milliard de francs pour la banque d’affaires, qui a elle a essuyé une perte nette de 1,6 milliard l’an dernier.

L’établissement paie toujours l’acquisition au prix fort de la banque d’affaires américaine Donaldson, Lufkin & Jenrette (DLJ), réalisée en 2000.

En outre, le CSFB pâtit du surcoût lié «aux contrats de travail accompagnés d’importants bonus accordés à de nombreux cadres de DLJ pour les retenir», selon Susanne Walther, analyste chez Bordier & Cie.

«Le CSFB mettra encore deux ou trois ans pour rejoindre la moyenne de l’industrie», précise Susanne Walther. La division banque d’affaires du CSG a subi de plein fouet la récession aux Etats-Unis, devant notamment se séparer de quelque 2500 employés sur un peu plus de 27 000.

Le poids de l’Argentine

Les Etats-Unis et l’Argentine ont aussi pesé lourd sur les comptes de la deuxième banque suisse: le groupe a dû provisionner 126 millions de dollars (212 millions de francs) en Amérique du Sud et 100 millions de dollars (166 millions de francs) dans un accord à l’amiable pour mettre fin à l’enquête des autorités américaines sur des entrées de sociétés en Bourse.

Du côté des points positifs, le groupe s’est réjouit d’avoir pu conserver ses parts de marché. Lukas Mühlemann a également mis en exergue la bonne tenue des affaires dans la gestion de fortune (private banking). L’afflux net de nouveaux capitaux s’est monté à 66,4 milliards de francs, ou 4,8% de tous les fonds sous gestion.

A fin 2001, le CSG, toutes unités confondues, gérait 1425,5 milliards de francs, soit 2,4% de plus qu’un an plus tôt. L’année dernière, les produits nets du groupe ont progressé de 5% pour s’élever à 39,2 milliards.

Toutes les unités en baisse

Les huit unités d’affaires ont connu un exercice marqué par des résultats d’exploitation en baisse. Parmi les plus importantes, Credit Suisse Private Banking affiche un recul de 11%, à 2,3 milliards de francs. Credit Suisse Financial Services (services financiers et assurances) a diminué de 24%, à 1,4 milliard.

En ce qui concerne l’exercice en cours, le CSG évalue les perspectives avec retenue. Il estime que les revenus du CSFB se situeront en dessous du niveau de 2001 et que les résultats du Credit Suisse Financial Services ne dépasseront pas leur niveau de 2001.

Le titre plonge

La surprise est venue de la prudence du management pour 2002, note Michel Auch, analyste chez Ferrier Lullin. L’exercice en cours ne s’annonce «pas meilleur que 2001 déjà pas bon.»

Les marchés ont peu goûté aux résultats du groupe bancaire: à la Bourse suisse, le titre CSG a cédé 2,35 francs à 60,70 (-3,75%). L’action CSG avait déjà perdu 2,25% lundi à la clôture.

swissinfo avec les agences

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