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Creys-Malville inquiète encore des Suisses

Creys-Malville reste un site particulièrement dangereux. Keystone Archive

Le démantèlement de Superphénix ne présente-t-il pas un danger pour les populations voisines, et notamment les Genevois?

L’ancien député Nissim Chaim souhaite que les Verts présente une motion au Grand conseil genevois.

Lorsque la centrale nucléaire de Creys-Malville, installée en Isère, au bord du Rhône, était en activité, ses détracteurs les plus virulents se recrutaient en Suisse. Depuis 1998, le surgénérateur est arrêté. Electricité de France (EDF) a commencé lentement sa «déconstruction».

En septembre dernier, le surgénérateur a ainsi perdu les 48 cheminées situées sur le toit des générateurs de vapeur. Imaginez que certaines cheminées, longues de 35 mètres, pesaient jusqu’à 25 tonnes.

Au total, EDF va devoir décontaminer plus de 500 000 tonnes de déchets. Pas seulement le cœur du réacteur, et ses assemblages combustibles, mais aussi l’acier, le béton, les tuyauteries, les câbles électriques…

De l’eau contaminée

«Les assemblages combustibles sont entreposés dans une piscine sur le site même de Creys-Malville. L’eau de cette piscine va se retrouver à son tour radioactive, que va-t-on en faire?», s’inquiète Nissim Chaim, ingénieur de l’EPFL et membre du Parti écologiste genevois.

«Les Verts vont déposer une motion au Grand conseil genevois afin de réclamer davantage d’informations concernant le démantèlement de Creys-Malville», annonce l’ancien député.

Le surgénérateur n’est qu’à une petite heure de voiture du Lac Leman. Tout danger n’a pas disparu avec l’arrêt définitif de la centrale en février 1998. D’autant que sa «déconstruction» (c’est le mot utilisé par EDF) va durer vingt-cinq ans, et coûter 2,6 milliards d’euros ( 3,8 milliards de francs).

5500 tonnes de sodium

«Il a fallu plus de vingt ans pour démanteler un petit réacteur expérimental en Bretagne. Superphénix risque de réclamer beaucoup plus de temps», constate Philippe Gobet, de ContrAtom. Un exemple: les 5500 tonnes de sodium de la cuve du réacteur et des circuits secondaires ne seront traitées qu’entre 2006 et 2010.

Bref, Creys-Malville reste un site particulièrement dangereux. Et plus de quatre ans après sa fermeture, l’usine emploie encore près de 500 personnes.

«Il faut rester vigilant afin d’empêcher que la centrale ne vende à des ferrailleurs des milliers de tonnes d’acier. Ces produits radioactifs se perdraient dans la nature, passeraient les frontières», souligne encore le responsable de ContrAtom.

swissinfo/Ian Hamel

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