Crossair cherche parten-Air!
La nouvelle compagnie nationale se doit de trouver des partenaires. L'hypothèse d'un rapprochement avec Lufthansa refait surface.
«Crossair négocie avec Lufthansa», titrait il y a une dizaine de jours l’hebdomadaire zurichois SonntagsZeitung. Cette fois, c’est la Weltwoche qui revient sur le scénario allemand, sous la plume du spécialiste des affaires aéronautiques, Sepp Moser.
Selon lui, les dirigeants de la nouvelle compagnie nationale discutent avec Lufthansa d’une possible coopération bilatérale. Mais sans pour autant rejoindre Star Alliance, le groupement mondial emmené par Lufthansa et United Airlines. «Cela irait beaucoup moins loin», ajoute Sepp Moser, joint par swissinfo.
Concrètement, la nouvelle Crossair et Lufthansa offriraient une offre conjointe (code sharing) sur plusieurs destinations long-courriers, notamment vers l’Afrique. Cela permettrait à la compagnie suisse de mieux remplir ses vols. «On pourrait ainsi réaliser au moins une petite partie du projet de hub à Zurich», remarque Sepp Moser.
Risque pour l’emploi
Mais il y aurait aussi de sérieux désavantages. «Crossair ne serait plus indépendante, en tant qu’entreprise, mais liée à Lufthansa», juge le journaliste alémanique.
Et puis, Crossair devrait aussi s’engager à effectuer une partie de ces lignes communes avec des avions et du personnel de Lufthansa. «On ne pourrait pas éviter de nouvelle suppressions d’emploi en Suisse.»
Chez Crossair, on se refuse à commenter l’hypothèse Lufthansa, tout en soulignant que des discussions continuent à être menées avec toute une série de partenaires potentiels.
Rappelons qu’il existe trois alliances globales: Oneworld (British Airways et American Airlines), SkyTeam (Air France et Delta), ainsi que Star Alliance.
«Tout est possible», lance Patrick Jeandrain, porte-parole de la compagnie helvétique. Même la solution qui consisterait à faire partie d’une alliance et à conclure des accords commerciaux avec une compagnie n’en faisant pas partie. «Le tout est que ce soit accepté par les différents partenaires», ajoute le porte-parole.
Un partenaire peu attrayant
Reste que la décision, sur cet aspect crucial qu’est l’alliance, tarde à tomber. On l’attentait pour la fin de l’année, tout d’abord. Mais entre-temps, Crossair a repoussé le délai à la fin mars. C’est-à-dire l’ultime limite, puisque le nouvel horaire doit entrer en vigueur le 1er avril.
Pour Sepp Moser, le problème réside dans la volonté de la nouvelle Crossair de mettre sur pied à Zurich un hub important. «C’est à cause de cela qu’aucune grande alliance n’est intéressée à une participation à part entière de la nouvelle compagnie.»
«Ces alliances ont déjà des systèmes de hub qui fonctionnent, avec pour centre Paris, Londres ou Francfort, poursuit le spécialiste. Et elles n’ont pas d’intérêt à avoir un autre hub international, aussi près de leur port d’attache.»
Danger de monopole
Autre problème, dans le cas de Star Alliance. Bruxelles, gardien des règles de la concurrence en Europe, verrait sans doute d’un mauvais œil l’intégration dans le même ensemble de deux concurrents historiques, la compagnie suisse et Lufthansa.
«Star Alliance aurait ainsi, du point de vue du droit des cartels, une position de monopole inacceptable en Europe», juge Sepp Moser. D’où l’idée, pour éviter cet écueil, d’un rapprochement à deux. Affaire à suivre.
Swiss Airlines pour de bon?
Il faudra également patienter pour connaître le nouveau nom de Crossair. Tant la Basler Zeitung que la Weltwoche prétendaient, jeudi, avoir percé le mystère. Ce sera Swiss Airlines. Là, encore, Crossair se refuse à confirmer. Le voile doit tomber jeudi prochain. La compagnie livrera son nouveau nom, mais aussi toute la conception graphique qui l’accompagnera.
Pierre Gobet, Zurich
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