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Députés choqués par les salaires des patrons des entreprises liées à la Confédération

L'émoi populaire suscité par la forte augmentation des salaires des hauts cadres de La Poste et des CFF s'est étendu au Conseil national. Lundi à Lugano, les députés ont demandé davantage de transparence sur les questions salariales.

Les membres du Conseil national ont débattu plus de trois heures du postulat de Hansjörg Hassler (UDC/GR). Celui-ci demandait notamment si le Conseil fédéral entendait revoir à la baisse le salaire des cadres.

Hansjörg Hassler a relevé que ces cadres gagnent davantage que les conseillers fédéraux eux-mêmes, ce qui n’est pas justifiable. Et pour Alex Heim (PDC/SO), une telle augmentation est non seulement maladroite, mais aussi «immorale».

Or, la situation est d’autant plus choquante que les prestations de La Poste et des CFF ne semblent pas à la hauteur des salaires de leurs dirigeants. Plusieurs directeurs se sont succédés à la tête des deux entreprises, avec des salaires toujours plus élevés, sans que l’on voie des résultats.

Ainsi, pour Max Binder (UDC/ZH) le mot d’ordre actuel semble être: «fais mal ton boulot et devient millionnaire». Quant à Serge Beck (Lib/VD), il estime que «c’est d’abord les résultats qui fixent le salaire et non le contraire».

Les députés de gauche déplorent également le fait que, dans le même temps, les petits employés doivent batailler ferme pour obtenir au mieux la compensation du renchérissement. Selon Jean-Claude Rennwald (PS/JU), le rapport entre les plus petits et les plus hauts salaires et de un à dix-huit, ce qui est beaucoup trop.

Pour la gauche, cette situation n’est pas une surprise. La privatisation partielle des anciennes régies fédérales et l’abandon du statut du fonctionnaire ne pouvaient que déboucher sur cette inflation salariale. Et pour Jean Spielmann (PdT/GE), les députés de droite, qui se sont battus pour ces changements, versent aujourd’hui des «larmes de crocodiles».

Et justement, radicaux et libéraux reconnaissent que s’il y a eu des erreurs, il faut les corriger. Mais ils soulignent que cette affaire ne doit pas être un prétexte pour revenir aux anciens monopoles. Ils estiment que la loi du marché doit continuer, mais qu’il faudra désormais veiller à garder le sens de la mesure.

Du côté du gouvernement, le président de la Confédération Moritz Leuenberger est du même avis. Il a rappelé aux députés que la privatisation partielle, acceptée par le Parlement, permet aux anciennes régies de se battre dans un marché concurrentiel.

Il y a toutefois lieu d’examiner si cette nouvelle situation n’engendre pas des dérives. Ces questions seront traitées prochainement dans le cadre du rapport global du Conseil fédéral.

Olivier Pauchard, Lugano

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