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Des crédits pour la recherche

Il s'agit d'un investissement dans l'avenir de la jeune génération. Keystone

La Confédération pourrait investir de 2004 à 2007 jusqu'à 17,3 milliards de francs dans la formation, la recherche et la technologie.

Le gouvernement propose au Parlement d’augmenter de quelque trois milliards ces crédits par rapport à la période 2000-2003.

Malgré une demande plus élevée des milieux concernés, la hausse annuelle devrait s’élever à quelque 6% par rapport au plan financier 2003.

L’accroissement des ressources proposé vendredi par le Conseil fédéral reste considérable, a relevé la conseillère fédérale Ruth Dreifuss. Il s’agit d’un investissement dans l’avenir de la jeune génération et dans les forces créatrices du pays, selon elle.

Il est d’autant plus nécessaire que, contrairement à ce qui s’est passé dans les autres pays, la part du produit intérieur brut helvétique représenté par les dépenses consacrées à la formation, la recherche et la technologie a diminué ces dernières années.

«Une telle situation ne permettrait pas à la Suisse de rester dans le peloton de tête. L’économie suisse est basée sur une haute valeur ajoutée et il lui faut une forte capacité d’innovation», a ajouté le ministre de l’Economie Pascal Couchepin.

Satisfaction des milieux scientifiques

Le Conseil fédéral a fixé quatre priorités à l’engagement des ressources qu’il propose de libérer.

L’accent devrait être mis sur le renouvellement de l’enseignement, sur le renforcement de la recherche ainsi que de la collaboration nationale et internationale et sur la stimulation de l’innovation.

Les milieux scientifiques se réjouissent de l’augmentation des crédits. Le Conseil suisse de la science et de la technologie est très heureux de la décision du gouvernement.

«Cela nous a enlevé un poids», déclare Guido Miescher, collaborateur scientifique. «La recherche et la science sont en effet dans une situation difficile. Cette décision montre que les revendications des chercheurs et des scientifiques ont été bien comprises», s’est félicité M. Miescher.

«Nous n’aurons pas pour autant une vie de cocagne, car les crédits pour la recherche seront plafonnés», a-t-il ajouté. «Il est de notre devoir d’utiliser de manière efficace les moyens promis».

De son côté, Xavier Comtesse est, lui aussi, très content. A la tête du groupe de réflexion «Avenir Suisse», il établit des passerelles entre les milieux créatifs et les élites dirigeantes.

Il regrette pourtant que Berne ne fasse pas des choix plus clairs. «C’est la stratégie de l’arrosoir. L’argent est versé à tous les secteurs.» Alors que, selon lui, il faudrait investir massivement sur les jeunes forces vives du pays.

«Ce sont des crédits pour les doctorants et pour les post-doc qui devraient être libérés en priorité. Il faut miser sur la jeunesse plutôt que sur l’AVS…» lance-t-il en guise de boutade. Mais les crédits ne sont rien sans une stratégie adaptée à la situation.

Enrayer la fuite des cerveaux

Pour Xavier Comtesse, la stratégie du «Gain Brain» est essentielle. L’ancien consul de Suisse à Boston définit quelques pistes pour enrayer la fuite des cerveaux.

En premier lieu, il y a le problème des visas pour les étudiants. Contrairement à l’Espagne ou à la France, la Suisse devrait revoir sa politique dans ce domaine: «Savez-vous qu’un doctorant étranger fraîchement diplômé doit quitter le territoire suisse dans les quinze jours?

«Ensuite, il ne faut pas seulement stimuler la mobilité des étudiants suisses à l’étranger, mais aussi favoriser leur réinsertion en développant une stratégie du «retours au pays».

C’est le cas en Espagne où les étudiants qui sont au bénéfice d’une bourse, passent deux années à l’étranger et une année dans leur propre pays.

De nouvelles stratégies sont donc à développer. Le déblocage des crédits est un signe encourageant. «Cette situation stagnait depuis dix ans et le Conseil fédéral rattrape enfin son retard», conclut Xavier Comtesse.

tsr.ch/E.Tagnard avec les agences

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