Fin de parcours pour Gretag Imaging Holding
La société active dans les équipements de fabrication de photos dépose son bilan. Sa disparition touche près de 1000 employés, dont 400 travaillent en Suisse.
Ancienne star de la Bourse, Gretag fait aujourd’hui les frais de la révolution numérique.
Gretag Imaging Holding a déposé son bilan. Lundi matin, les dirigeants du groupe actif dans les systèmes de traitement de l’image ont décidé de jeter l’éponge.
L’environnement économique actuel ne permet plus de prendre les mesures susceptibles de satisfaire les exigences des actionnaires. A tel point que la poursuite des activités «n’est plus justifiable», a précisé la firme.
Amazys (ex-GretagMacbeth), née en 1997 de la fusion de Gretag Color Control Systems, une filiale de Gretag AG, avec Macbeth, une division du groupe américain Kollmorgen, n’est pas concernée. Tant sur le plan financier qu’opérationnel.
Surendettement et manque de liquidités
Le salaire du mois de décembre des 1000 collaborateurs, dont 400 travaillent en Suisse, sera versé par la société faîtière Gretag Imaging Holding. Celle-ci ne désespère pas de trouver une solution pour ses entités susceptibles de survivre, comme Gretag Imaging AG.
«Certaines activités de Gretag restent financièrement viables sans pour autant permettre de sauver l’intégralité de la holding», souligne un analyste financier soucieux de garder l’anonymat.
Il s’agit principalement des grands laboratoires, contrairement aux mini-laboratoires que le groupe envisage d’abandonner depuis plusieurs semaines.
Le surendettement du groupe et des problèmes de liquidités sont à l’origine de cette débâcle. En 2001, le groupe zurichois a accumulé une perte nette de 285 millions de francs en poursuivant une stratégie par trop axée sur la croissance du chiffre d’affaires.
«Ce triste épisode découle de décisions prises par la précédente structure dirigeante du groupe. La nouvelle équipe de direction est arrivée trop tard pour que ses impulsions permettent de sauver la compagnie», estime encore l’analyste.
Une orientation numérique trop tardive?
Même s’il est parvenu à limiter ses pertes à 5,2 millions sur la première moitié de 2002, ses problèmes d’endettement ont continué à plomber son évolution.
A la fin des années 90, le groupe s’est lancé dans une importante politique d’expansion. Il a notamment racheté 80% de la société canadienne Telepix, spécialisée dans le traitement numérique des photographies.
Une orientation tardive pour laquelle la société sera dûment critiquée. Un an plus tard, Gretag Imaging mettait la main sur la société américaine Sienna Imaging, attachée à la production d’images grand format.
Forte déception des actionnaires.
Lors de l’assemblée générale extraordinaire qui s’est tenue lundi matin à Regensdorf, les actionnaires ont vivement critiqué les dirigeants du groupe ainsi que le conseil d’administration.
Hans-Rudolf Zollinger et Eduard Brunner, actionnaires fondateurs et anciens dirigeants, se sont vus reprocher d’avoir empoché «des centaines de millions», notamment grâce à l’introduction en bourse de la société en 1998.
La transparence en question
Les investisseurs pensent donc avoir été floués. D’autant plus que durant l’été 2001, période où la plupart des difficultés de Gretag étaient déjà apparentes, le groupe leur avait recommandé d’acheter des titres.
Un épisode qui suscite également quelques rancœurs à l’égard du conseil d’administration de Gretag. Même s’il s’avoue «triste et frustré», Félix Bagdasarjanz, nouveau président du conseil d’administration, considère que le conseil a fait «tout son possible pour garantir le versement des salaires».
Pas de solution à long terme
Parvenu à se hisser au rang de leader mondial du développement de photos sur le segment mini-laboratoires, le groupe n’a pas pu faire face aux nouvelles charges financières qui lui incombaient.
Les vagues de suppression d’emplois intervenues depuis la fin de l’année 2000 n’ont pas permis d’enrayer la tendance. Dans l’incapacité de trouver une solution à long terme avec ses créanciers, la société s’est vue contrainte de mettre, lundi matin, la clé sous la porte.
swissinfo avec les agences
L’action Gretag a perdu 80% de sa valeur depuis le début de l’année.
Depuis fin 2000, la société avait déjà licencié près de 1500 collaborateurs.
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