Gestion de fonds: fin de l’âge d’or en Asie
L'UBS estime que les perspectives pour la gestion de fonds sont sombres en Asie-Pacifique.
Les banques suisses n’ont, pourtant, pas lésiné sur les moyens pour attirer vers elles la clientèle institutionnelle et privée asiatiques.
Kai Sotorp n’est pas optimiste. Le nouveau patron de UBS Global Asset Management pour la region Asie-Pacifique à Tokyo estime que «l’âge d’or pour les gestionnaires de fonds est terminée».
Les marchés boursiers vont subir une troisième année consécutive de pertes. L’économie mondiale est en très net ralentissement. Et les banquiers suisses présents en Asie ont de plus en plus de mal à persuader leurs clients institutionnels et privés à leur confier leur argent.
«Les marchés en Suisse et ailleurs dans le monde sont devenus très difficiles. A Zurich comme dans les autres places financières du globe, les banques sont forcées de repenser leur stratégie globale», ajoute Kai Sotorp.
Les coffres-forts se vendent bien
Même dans un Japon où les fonds de retraite sont estimés à 3000 milliards de dollars, les opportunités offertes aux banquiers suisses pour en gérer une partie sont rares.
«Les Japonais sortent l’argent de leurs banques pour le placer dans les caisses d’épargne de la poste sous le contrôle de l’Etat. D’autres le gardent chez eux», précise un responsable de la maison de titres Nomura Securites à Tokyo.
Ce dernier s’interroge: «Les coffres-forts ne sont jamais aussi bien vendus ici. Comment voulez-vous que les Japonais accordent une plus grande confiance aux banquiers suisses?»
Ces dernières années, les banques suisses ont renforcé leurs activités de gestion de patrimoine en Asie-Pacifique. Elles étaient attirées par l’épargne japonaise, la plus abondante de la planète. Comme celle de la Chine qui pourrait représenter 4000 milliards de dollars d’ici à 2020.
Tout n’est pas perdu
«La libéralisation du marché financier japonais est, hélas, beaucoup plus lente que prévu. Et seules les plus grandes banques étrangères comme l’UBS disposent des ressources suffisantes pour patienter», constate un responsable de UAM Investment Trust Management à Tokyo.
Selon lui «les plus petites banques privées suisses risquent d’être forcées de se retirer du Japon. Ou de n’y maintenir qu’une présence symbolique».
Tout n’est pas perdu pour autant. Kai Sotorp, le responsable de UBS Global Asset Management à Tokyo, pense que les grandes entreprises japonaises devront faire appel à des gestionnaires étrangers pour résoudre le problème du sous-financement des caisses de retraite de leurs employés.
D’ici à 2007, sur 138 milliards de dollars de fonds de retraite japonais qui seront, alors, à la recherche d’un meilleur rendement, près de la moitié pourrait être gérée par des banques étrangères. Ce qui est considérable.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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