Kaspar Villiger doit inaugurer l’assemblée du FMI
La Suisse présidera pour la première fois l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale mardi et mercredi à Dubaï.
Le ministre des Finances Kaspar Villiger prononcera le discours inaugural devant ses homologues.
Le chef du Département fédéral des finances (DFF) ouvrira ensuite la réunion annuelle sur laquelle planera l’échec de la conférence de l’OMC. Pour Berne, il s’agit d’un moment historique.
En effet, la Suisse ne pourra plus présider le conseil des gouverneurs des institutions de Bretton Woods avant au moins 180 ans.
Une délégation nombreuse
La délégation helvétique qui assistera à la réunion de deux jours dans les Emirats Arabes Unis se composera également de Jean- Pierre Roth, président de la Banque nationale suisse (BNS), d’Oscar Knapp, du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) et de Serge Chappatte, vice-directeur de la Direction de la coopération et du développement (DDC).
Les membres du groupe de vote que dirige la Suisse («Helvétistan») se sont retrouvés samedi. Réunis en séminaire, le groupe, qui comprend l’Azerbaïdjan, le Kirghizistan, la Pologne, la Serbie et Monténégro, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan, ont parlé des stratégies visant à réduire la pauvreté.
Insuffisance de l’aide à l’Argentine
Samedi, le Conseil d’administration du FMI a approuvé l’accord conclu le 10 septembre avec l’Argentine. La lettre d’intention prévoit un nouvel accord financier avec le FMI portant sur le déboursement d’environ 12,5 milliards de dollars (17,1 milliards de francs) sur trois ans.
Il s’agit en fait d’un jeu comptable et il n’y aura pas de versement d’argent frais mais l’accord permet au pays de gagner du temps. L’Argentine remboursera cette somme en même temps que le Fonds déboursera l’argent. A la fin des trois ans, l’exposition nette du fonds par rapport à l’Argentine sera donc inchangée.
Mais le texte n’a de loin pas fait l’unanimité des membres du FMI. Ainsi, la Suisse et d’autres pays ont refusé de donner leur accord, le jugeant insuffisant, a confié samedi à l’ats Giorgio Dhima, chef de la section FMI et affaires financières internationales du Département fédéral des finances (DFF).
Penser aux plus défavorisés
Dans son rapport annuel, publié dimanche à Dubaï, la Banque mondiale a lancé un nouvel appel en faveur des pays pauvres. L’institution dénonce le fait que les services essentiels, comme l’eau, l’électricité ou l’éducation, ne profitent pas assez aux pauvres. Et d’enjoindre aux gouvernements d’ouvrir ces prestations aux démunis,.
De leur côté, les organisations non gouvernementales (ONG) présentes à Dubaï ont accueilli avec scepticisme le rapport de la Banque mondiale. «Ce rapport ne décrit pas le rôle historique de la Banque mondiale dans les réformes et la privatisation de ces services, et l’impact de ces politiques sur les pauvres», a notamment remarqué Oliver Buston, représentant de l’organisation britannique Oxfam.
swissinfo et les agences
La Suisse est membre du FMI depuis le 29 mai 1992.
Elle s’est vu attribuer un des 24 sièges de l’organe directeur (le Conseil d’administration).
Elle forme un groupe de vote avec l’Azerbaïdjan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, la Pologne, le Tadjikistan et le Turkménistan.
En décembre 2000, la République fédérale de Yougoslavie est venue renforcer ce groupe dont le poids électoral au sein du FMI équivaut à 2,6 %, celui de la Suisse étant de 1,6 %.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.