L’Asie sous le choc de la faillite de Swissair
La compagnie suisse et ses différentes unités comme Gate Gourmet sont fort actives dans cette région du monde. Certains transporteurs asiatiques se demandent, aujourd'hui, s'ils ne risquent pas de subir le même sort que Swissair emportée par une incroyable débâcle.
Japan Airlines, le partenaire privilégié de Swissair en Asie, n’ignorait rien ou presque de la mauvaise passe dans laquelle se trouvait la compagnie suisse. Mais ses plus hauts responsables qui ont rencontré, il y a quelques semaines encore, son président Mario Corti à Tokyo, n’imaginaient pas le pire.
«Nous avons des accords de code sharing (partages de code) avec Swissair pour 17 vols par semaine entre Tokyo ou Osaka et Zurich. Notre coopération est exemplaire. Nous continuerons de voler seul vers Zurich», souligne Geoffrey Tudor.
Une demande importante
Et le porte-parole de Japan Airlines de préciser que «cela ne sera pas suffisant pour absorber la demande de touristes et d’hommes d’affaires japonais qui veulent voler directement vers la Suisse».
Mario Corti était venu rencontrer la direction générale de Japan Airlines pour faire connaissance et confirmer les accords passés avec le transporteur japonais. Le Japon est l’une des destinations long-courriers les plus profitables de Swissair.
Entre 1997 et 2000, le nombre de passagers transportés dans ses MD-11 entre la Suisse et le Japon a progressé de 191 120 à 218 105. La compagnie suisse cherchait à obtenir du ministère japonais des Transports l’autorisation d’assurer un vol par jour entre Tokyo et Zurich.
«Le crash de Swissair doit donner à réfléchir aux plus petits pays d’Asie. Eux non plus ne pourront peut-être pas s’offrir le luxe d’entretenir plus longtemps, souvent à perte, une compagnie nationale pour des raisons de prestige ou de nationalisme. En cette ère de globalisation, des rachats de petits transporteurs asiatiques par d’autres plus puissants sont inévitables», écrit le journal Tokyo Shimbun.
Au début de cette année, Swissair confirmait être en négociation avec Malaysian Airlines pour une entrée dans son capital. Avec l’idée de se servir de Kuala Lumpur comme plaque-tournante ou de hub de ses activités en Asie-Pacifique.
Envisager des alternatives
La compagnie suisse avait de grandes ambitions dans une région du monde qui abrite la moitie de l’humanité. Et dont elle dépendait, en dehors de l’Europe, pour une partie toujours plus importante de ses revenus.
Aujourd’hui, de Sydney à Singapour, de Hong Kong à Séoul, les partenaires de Swissair sont forcés d’envisager des alternatives pour faire voler leurs passagers vers Zurich et Genève. «Nous avions suspendu nos vols vers la Suisse à la fin avril», assure un porte-parole de Cathay Pacific à Hong Kong.
Mais, conclut-il, «nous utilisions nos accords de partage de code avec Swissair pour placer nos clients dans ses appareils. C’était idéal. Ce qui arrive à la compagnie nous attriste beaucoup. Et nous cause aussi des problèmes»
Georges Baumgartner, Tokyo
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