L’insolent succès de l’aéroport de Genève
Le secteur aérien bat de l'aile. Des aéroports comme celui de Zurich tirent la langue. Mais celui de Genève, lui, affiche une santé éclatante.
Deux nouvelles compagnies s’y installent. Et le bilan pour cette année s’annonce meilleur que prévu.
C’est Jean-Pierre Jobin, patron de l’aéroport de Genève, qui l’affirme: «Depuis le début de l’année, le nombre de passagers n’a baissé que de 4% par rapport à la même période l’année passée. A Zurich, cette baisse est de 23%. A Bâle, elle est de 15% et de 10% à Lyon».
«De plus, dit-il, nous attendons pour cette année un bénéfice plus élevé que prévu. Une hausse qui devrait tourner autour de 15 millions de francs».
Cette annonce quasi triomphale, Jean-Pierre Jobin l’a faite, jeudi, à l’occasion du lancement d’une nouvelle liaison aérienne entre Genève et Bangkok par la compagnie nationale thaïlandaise.
Une attractivité persistante
De fait, cette ouverture démontre l’attractivité persistante de Genève et de son aéroport. Et ce, alors que Thai Airways a déjà une liaison avec Zurich
«En Asie, la Thaïlande est la première destination touristique des Suisses. Nos études de marché ont montré un fort potentiel de passagers en Suisse romande et en France voisine», explique Chumpot Mintarkhin, responsable pour la Suisse de la compagnie thaïlandaise.
«Pour notre gouvernement, cette liaison directe avec la Genève internationale est très importante», ajoute Virasakdi Futrakul, ambassadeur de Thaïlande auprès des Nations unies.
Rien que l’année passée, «plus de cent délégations thaïlandaises sont venues à Genève», assure Virasakdi Futrakul.
L’ambassadeur souligne au passage que Bangkok désire tisser des liens privilégiés avec Genève: «Bangkok ambitionne de devenir la Genève de l’Asie».
Ce plaidoyer thaï en faveur de Genève résume bien les raisons du succès de l’aéroport de Genève. Il peut en effet compter sur un réservoir de voyageurs issus de la région (et non en transit) qui compte des diplomates, des hommes d’affaires et des touristes.
Un cocktail particulièrement savoureux pour une compagnie aérienne. «La part des billets vendus en première classe ou en classe affaire est plus élevée que dans la plupart des aéroports», souligne Jean-Pierre Jobin.
La crise des hubs
De fait, la crise du secteur aérien affecte surtout les aéroports de transit – les hubs – qui sont trop nombreux en Europe, affirme Pierre Condom.
Ce spécialiste de l’aviation ajoute: «Les aéroports régionaux, eux, se portent plutôt bien. Et leur rôle est renforcé par l’apparition des moyens porteurs à longs rayons d’action. Ces avions permettent en effet d’ouvrir des lignes long-courriers entre des villes de moyenne importance».
Ainsi, l’aéroport de Genève – fort de ses 75 destinations directes – va lancer l’année prochaine une nouvelle liaison avec New York grâce à la compagnie Continental Airlines.
Et l’équipe de Jean-Pierre Jobin travaille dur pour en ouvrir d’autres en Amérique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient.
swissinfo/Frédéric Burnand à Genève
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