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La B.A. du Credit suisse pour les pays pauvres

Le groupe s'engage dans le domaine écologique et socio-économique. Keystone Archive

En ratifiant les «Principes de l'Equateur», Credit Suisse Group et neuf autres banques font une bonne action (B.A.)

Ces normes imposent de ne financer, dans les pays du Sud, que des projets de développement durable. Les ONG saluent ce qu’elles considèrent comme «un premier petit pas.»

Le respect des critères sociaux et environnementaux figure en bonne place dans ces «Principes de l’Equateur.»

Désormais, Credit Suisse Group (CSG) et les 9 autres banques signataires s’engagent à appliquer ces principes pour tous les prêts de plus de 50 millions de dollars.

Juger les projets sur pièce

Ces banques s’engagent aussi à mettre en oeuvre ces critères dans les secteurs dont les projets sont les plus controversés par les écologistes. Soit des secteurs tels que les mines, les forêts, le pétrole et le gaz naturel.

Les critères en question ont été mis au point par la Banque Mondiale, et en particulier par la Société Financière Internationale (SFI), la branche de l’organisation internationale qui soutient les projets des entreprises privées dans les pays en développement.

En adoptant les Principes de l’Equateur, Credit Suisse et les autres signataires décident de juger les projets qui leur sont présentés pour obtenir un financement en fonction des deux grands impératifs du développement durable: la protection des personnes les plus défavorisées et celle de l’environnement.

Les candidats au financement, qu’ils soient des entreprises ou des gouvernements, devront désormais fournir un dossier prouvant que leurs projets prennent en compte les besoins des populations locales et reflètent une gestion responsable des ressources naturelles.

Le dossier de candidature devra mentionner les mesures que l’emprunteur promet de prendre afin de répondre aux critères de la Banque Mondiale.

Obtenir le feu vert de la population

Tout projet devra notamment avoir reçu l’avis des populations locales à tous les stades de sa conception et de sa réalisation. Tout projet devra aussi protéger les espèces animales menacées d’extinction et limiter les rejets de déchets toxiques dans l’air et l’eau.

«La ratification des Principes de l’Equateur par les banques est une profonde victoire pour le développement durable», déclare Peter Woicke, vice-président de la SFI et directeur général de la Banque Mondiale.

«Un tout premier petit pas»

Sans être aussi enthousiaste, la Déclaration de Berne (DB), une ONG suisse qui milite pour des rapports Nord-Sud plus équitables, salue «un tout premier petit pas sur un très long chemin.»

Avec une centaine d’autres ONG, la DB s’est en effet livré à une analyse critique des Principes d’Equateur. Comme le souligne Andreas Missbach, de la DB, ces derniers «ne disent rien de la mise en pratique et du contrôle» dans des domaines comme le respect des droits de l’homme ou la protection des écosystèmes les plus fragiles.

Du côté des banques, on admet volontiers que les Principes d’Equateur sont adoptés sur une base volontaire et qu’aucune sanction n’est prévue contre qui ne les respecterait pas.

«La sanction viendra de l’extérieur, promet Henri d’Ambrières, responsable des financements multilatéraux au Crédit Lyonnais. Si vous dites que vous rouliez à 110 km/ et que vous êtes pris à 150 km/, vous n’êtes plus crédibles.»

Le CSFB, un pionnier

De son côté, CSG indique qu’il est «déterminé à gérer ses activités en accord avec les considérations environnementales de première importance qui sont contenues dans les Principes de l’Equateur».

Steven Greenwald, directeur du financement des projets au Credit Suisse First Boston (CSFB), souligne par ailleurs que «l’appui du groupe aux Principes de l’Equateur s’inscrit dans le cadre de l’engagement que le Credit Suisse a pris de longue date pour assurer la durabilité sociale et environnementale des projets qu’il finance».

Steven Greenwald relève en effet que Credit Suisse fut l’une des premières banques à adhérer à la Déclaration des Politiques de l’Environnement en 1992.

Le groupe bancaire helvétique publie également chaque année un rapport consacré à ses contributions dans les domaines écologiques et socio-économiques.

swissinfo, Marie-Christine Bonzom, Washington

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