La fiscalité suisse séduit les Japonais
Pour les plus beaux fleurons de la technologie nippone, la Suisse est un marché trop petit. Seule sa fiscalité la rend attractive.
Fondamentalement, la Suisse présente beaucoup de handicaps pour les entreprises japonaises. L’exiguïté du territoire les empêche d’envisager de délocaliser leur production ou d’établir des activités de marketing. Sans compter que la Suisse n’est pas membre de l’Union européenne.
En dépit de cela, la Suisse présente un avantage irrésistible pour des centaines d’entreprises japonaises, petites ou grandes. A commencer par sa fiscalité.
«Les impôts sur les sociétés au Japon restent beaucoup plus élevés qu’en Suisse. Même si le gouvernement japonais vient de décider de les rapprocher des niveaux internationaux», explique un avocat suisse à Tokyo.
Maintenir une antenne
«Des cantons comme Zoug permettent encore aux entreprises japonaises de réduire ce fossé fiscal par l’ouverture de discrètes sociétés financières».
«Les PME japonaises ont un intérêt sensiblement différent de celui des multinationales nippones à s’établir en Suisse», observe Roderick Lucas, un analyste de Indosuez W.I. Carr Securities à Tokyo.
«Leurs patrons-fondateurs veulent éviter à leurs enfants d’avoir à payer au Japon des droits de succession prohibitifs. L’Etat japonais s’arrange pour accaparer entre 70 % et 80 % de leur fortune. Ils préfèrent donc transférer en Suisse les actions souvent majoritaires qu’ils détiennent dans leurs entreprises».
Autre attractivité, la place financière suisse. Les grandes banques suisses ont une très forte présence au Japon. Elles entretiennent d’étroites relations d’affaires avec les plus grandes entreprises japonaises. Celles-ci maintiennent une antenne en Suisse pour mieux financer leurs activités en Europe ou ailleurs dans le monde.
«Prenez le montant des investissements suisses au Japon. Il est fort élevé, explique un responsable d’une grande banque suisse à Tokyo. Mais on ne sait jamais si c’est Novartis ou une entreprise japonaise qui a levé des fonds en Suisse pour financer, par exemple, l’ouverture d’une usine au Japon.»
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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