Le blanc-seing des investisseurs
Le plan du patron de Swissair a convaincu les actionnaires. Jeudi matin, le plan de restructuration de la compagnie à peine annoncé, l'action du groupe a fait un bond de 8%. Et cela malgré l'annonce d'une augmentation de l'endettement net, à 7,9 milliards de francs à la fin du mois de juin.
Une confiance confirmée par Hans-Jacob Heitz. Selon le fondateur de l’association de protection des actionnaires de SairGroup, Mario Corti a annoncé des «mesures importantes».
Premier point positif: après trois mois d’activité, Mario Corti a pu présenter plusieurs résultats. Comme le relève Thomas Della Casa, analyste financier à la Deutsche Bank, le patron de Swissair Group a annoncé la signature d’une lettre d’intention avec Lufthansa, en vue d’une fusion des filiales Atraxis Group (Swissair) avec Lufthansa Systems Group.
Un recentrage avantageux
Autre résultat: Swissair Group a signé un protocole avec le britannique Compass. Il porte sur l’échange des actifs Rail Gourmet, Restorama, Gourtmet Nova contre les activités de restauration aérienne d’Eurest appartenant à Compass.
L’annonce de la nouvelle vente d’actifs (des avions et des immeubles, notamment) a également été bien accueillie. Cette mesure devrait rapporter trois milliards de francs. «Cela permettra de nouveaux investissements pour améliorer la qualité de la compagnie», estime Hans-Jacob Heitz.
Selon cet avocat, le recentrage du groupe sur ses activités de base, en particulier les compagnies Swissair et Crossair, présente le même avantage. Il permettra de regagner un bon produit. Une condition nécessaire pour que le groupe puisse, dans le futur, négocier une nouvelle alliance.
Bref, les actionnaires semblent satisfaits. Ce d’autant plus que Swissair n’a pas procédé à une augmentation du capital, comme le souligne Dieter Winet, analyste financier à la banque Pictet. L’émission de nouvelles actions aurait en effet entraîné une dilution du pouvoir des actionnaires.
Des solutions avec les partenaires étrangers
Reste un point noir. Si Mario Corti cherche à regagner un produit de qualité, il doit également trouver des solutions avec ses partenaires étrangers. Or, à ce niveau, il n’a pas pu annoncer de grande nouveauté.
En Belgique, mais aussi en France, la compagnie court toujours des risques judiciaires. Côté belge, Swissair estime qu’une solution passe par un dialogue constructif. Et en France, l’issue du dossier AOM/Air Liberté pourrait être rendue publique dès le 19 juillet.
En outre, le flou règne autour du sort du voyagiste allemand LTU, qui essuie lui-aussi de lourdes pertes. Mario Corti s’est contenté d’annoncer sa volonté de ramener cette entreprise dans les chiffres noirs d’ici 2003.
Pour autant, Hans-Jacob Heitz, fondateur de l’association de protection des actionnaires de SairGroup, reste confiant. Trois mois après lui avoir accordé sa confiance, l’actionnaire attend plutôt que le nouveau chef «fasse ses preuves». Mario Corti n’est pas au bout de ses peines.
Caroline Zuercher
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