Le «club du luxe» va se rétrécir
Parce que le luxe rapporte beaucoup d'argent tout le monde horloger s'y précipite. Cela ne durera pas et les places coûteront de plus en plus cher.
Les salons horlogers de Bâle et Genève vont ouvrir leurs portes. Vitrines de l’horlogerie dans ses plus beaux atours, les manifestations font, une fois de plus, la part belle aux montres de luxe.
Seules les vraies valeurs comptent
Comme une constante, l’augmentation des prix moyens des montres suisses prouve que tous les efforts des fabricants tendent à atteindre le club de l’horlogerie de prestige. Les mécanismes se compliquent, les pièces se parent de pierres précieuses, la communication se fait chatoyante.
Mais, au bout du compte, c’est le consommateur qui choisit. Et pour séduire le client sur le long terme, seules les vraies valeurs comptent.
Aujourd’hui, plus de 50 millions de personnes gagnent plus de 500’000 dollars par an dans le monde. Pour séduire cette clientèle fortunée, on a créé une certaine confusion des genres.
On a tendance à mélanger le luxe pérenne, de durabilité, à de faux luxes. La mode, par exemple, dont l’essence même est de changer toujours et rapidement, est faussement qualifiée de luxe.
Le vrai luxe véhicule une dimension culturelle
Pour Guy Leymarie, le PDG de Cartier international, les consommateurs sont devenus plus exigeants et mieux éduqués. Ainsi, la relation entre le fabricant et le consommateur est devenue un rapport d’égalité.
Pour convaincre, il faut faire ses preuves sur le long terme. Le vrai luxe véhicule donc une dimension culturelle. Il implique une tradition et une expérience dans le domaine du savoir-faire.
Il est évident que les fabricants suisses possèdent un certain savoir-faire. Mais il serait illusoire de croire qu’ils peuvent tous évoluer dans l’univers du luxe.
Pour être reconnu comme transmetteur de valeurs aristocratiques et charismatiques – comme le sont les grands noms de l’horlogerie – il faut beaucoup de temps. Mais, il faut aussi de très gros moyens financiers.
Faire rêver, c’est communiquer, beaucoup, partout et très bien. Et quand la conjoncture marque un ralentissement, comme c’est le cas depuis quelques mois, seules les très grandes maisons – celles qui ont un passé, la reconnaissance des consommateurs et de gros moyens – tirent vraiment leur épingle du jeu.
swissinfo/Eric Othenin-Girard
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