Le pari biotechnologique de Roche au Japon
Roche compte sur la fusion de sa filiale japonaise avec Chugai. Il veut figurer parmi les dix plus grands groupes pharmaceutiques de la planète.
Son président Franz Humer a fait le voyage de Tokyo pour convaincre les actionnaires de Chugai que c’est aussi dans leur intérêt.
En fusionnant sa filiale japonaise avec Chugai, Roche deviendra la cinquième plus grande société pharmaceutique japonaise. Ce sera l’une des firmes étrangères parmi les plus actives dans un secteur industriel longtemps allergique à toute influence extérieure.
Des agents anticancéreux
Roche est le premier groupe étranger à racheter une société japonaise parmi les plus performantes. En effet, Chugai est à la pointe du progrès dans les biotechnologies. En particulier les agents anticancéreux.
Il s’apprête à lancer sur le marché de nouveaux produits parmi les plus prometteurs.
Roche a su évaluer à sa juste valeur le potentiel des produits de Chugai. Il lui offre – à travers cette fusion – son réseau de distribution planétaire et sa puissance de marketing.
Ces deux atouts font défaut à Chugai. Trop petit, trop insulaire pour survivre seul dans une industrie pharmaceutique mondiale en pleine consolidation.
Franz Humer est persuadé que cette fusion offrira des synergies plus importantes que prévues par les dirigeants japonais de Chugai. Son président Osamu Nagayama escompte atteindre un bénéfice d’exploitation de l’ordre de 495 millions de dollars d’ici à 2005.
Une fois achevée, la restructuration de la nouvelle société qui sera connue sous le nom de Chugai emploiera un peu plus de 5000 personnes.
La décision des actionnaires acquise
«Les chances de voir les actionnaires de Chugai approuver cette fusion sont plus fortes après la présentation des modalités de cette fusion et de ses synergies. Même si un rejet du projet ne peut pas être exclu», déclare Phillip Hall, un analyste de Credit Suisse First Boston à Tokyo.
Roche contrôlera à terme 80% du capital de Chugai. Il compte sur cette société japonaise et sur la qualité de sa recherche, pour retrouver son rang parmi les dix plus grands groupes pharmaceutiques de la planète.
Ces dernières années, Roche a été rétrogradé au douzième rang mondial par manque de nouveaux produits vedettes.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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