Le secret bancaire suisse serait moribond
Le ministre italien de l'économie Guilio Temonti se prend à jouer les Cassandre. Pour lui, le secret bancaire suisse ne devrait pas survivre à 2002.
Le secret bancaire va tomber en Suisse, «sans doute dès l’année prochaine», prédit le ministre italien. L’argent placé par les Italiens en Suisse «sera mort s’il n’est pas rapatrié», affirme-t-il dimanche dans le «Corriere della Sera».
«La lutte contre le terrorisme international rend la disparition du secret bancaire nécessaire. Les pressions britanniques, américaines et européennes sont très fortes», déclare le ministre dans l’entretien accordé au journal.
«Les Italiens qui continueront à garder de l’argent en Suisse doivent savoir que ces fonds seront morts, avertit-il. Ceux qui rapatrieront ces fonds peuvent le faire tranquillement. Ceux qui ne feront pas auront des problèmes. Les contrôles seront sévères.»
Aministie
Le Parlement italien a adopté fin octobre une mesure d’amnistie sur l’évasion fiscale pour faciliter le retour des fonds détenus à l’étranger à l’occasion du passage à l’euro.
Entrée en vigueur le 1er novembre, elle sera maintenue jusqu’au 28 février 2002, date de disparition des monnaies nationales des pays de l’eurogroupe dont fait partie l’Italie.
Pour en bénéficier, les contribuables repentis doivent remplir une déclaration auprès d’une banque ou d’une société intermédiaire chargée de la transaction et payer une amende représentant 2,5% du total des sommes rapatriées ou investir 12% du capital rapatrié en bons du trésor. La mesure a été dénoncée par l’opposition comme une opportunité pour le recyclage de l’argent sale.
La Banque d’Italie évalue à 500 milliards d’euros (735 milliards de francs) les capitaux italiens placés illégalement à l’étranger pour fuir le fisc. Le ministre n’a donné aucune précision sur les montants déjà rapatriés.
swissinfo avec les agences
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