Les Bourses européennes et suisse s’effondrent
Toutes les places financières européennes se sont écroulées mardi après l'annonce des attentats à New York et Washington. Avec une baisse de plus de 7%, la Bourse suisse figure parmi les plus touchées.
Les investisseurs étaient déjà inquiets du ralentissement de l’économie américaine et de son impact sur le reste du monde. Désormais, c’est en plus la quasi-déclaration de guerre faite par le terrorisme international aux Etats-Unis qui va peser sur les marchés. Si une psychose à l’attentat s’installe, c’est la consommation de tous les pays industrialisés qui sera freinée.
Mardi, la baisse des marchés oscillait entre 5% à Londres et 8% en Allemagne. Le Swiss Market Index (SMI), l’indice des valeurs vedettes de la Bourse helvétique, a perdu 7,1%. Il faut remonter au 5 octobre 1998 pour retrouver une descente aux enfers plus vertigineuse (-7,6%). Le SMI retrouve ses niveaux d’il y a trois ans.
L’action Swiss Re, le deuxième réassureur mondial a perdu 17,3% alors que le pétrole flambait à plus de 31 dollars le baril, pour la première fois depuis début décembre 2000.
Les yeux fixés vers les Etats-Unis
Ces attentats surviennent alors que les mauvaises nouvelles s’accumulaient déjà sur l’économie mondiale. Aux Etats-Unis, le taux de chômage atteint 4,9%, son plus haut niveau depuis quatre ans, et les dernières projections des économistes considèrent que la croissance ne devrait atteindre que 1,6 % en 2001.
Or, lorsque le géant américain tousse, c’est toute la planète qui attrape la grippe. La stagnation économique observée Outre-Atlantique est en train de se propager par ricochet en Europe et en Asie.
Après l’éclatement de la bulle Internet, la vague de baisse a d’abord touché le secteur des télécommunications. Emportées par l’euphorie technologique, ces entreprises se sont retrouvées fortement endettées alors que leurs ventes se tassaient. En Europe, parmi les dix plus fortes baisses boursières depuis le début de l’année, on recense huit sociétés actives dans le domaine des télécoms.
Mais désormais, l’onde de choc frappe tous les secteurs. Les unes après les autres, les entreprises annoncent des bénéfices en recul. En un an, le monde de la finance est passé de l’euphorie à une quasi-panique. Même les sociétés pharmaceutiques, de l’agroalimentaire ou les assurances, traditionnellement des valeurs refuges, sont délaissées.
Reste à savoir combien de temps durera cette crise. Des signaux d’une relance de la conjoncture sont attendus en Europe pour la fin de l’année. Mais les incertitudes sur la phase de lancement de l’euro en janvier 2002 et maintenant la forte tension qui va s’emparer de la planète pèsent sur la confiance des investisseurs.
Luigino Canal
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