Les maisons de titres suisses paralysées en Asie
Les maisons de titres suisses, comme l'UBS et le Credit Suisse, sont virtuellement paralysées en Asie après les attaques kamikazes qui ont détruit le World Trade Center à New York. L'un des symboles de la globalisation des marchés financiers. Et de leur vulnérabilité.
Ces dernières années, les groupes financiers suisses n’ont jamais manqué une occasion de vanter les vertus de l’intégration des marchés financiers dans le monde. Leurs filiales en Asie apprennent, à la suite de ces attaques terroristes au cœur de la finance américaine, que la globalisation de la finance présente aussi des inconvénients.
UBS et Credit Suisse
La fermeture pour un troisième jour consécutif, jeudi, de Wall Street, le premier centre financier de la planète, paralyse les maisons de titres de l’UBS, du Credit Suisse et d’autres établissements suisses en Asie.
Les avions de ligne détournés qui se sont encastrés, mardi, dans les tours du World Trade Center à New York grippe, aujourd’hui, tout le fonctionnement des marchés des titres, des obligations et des changes dans la région Asie-Pacifique.
De Sydney à Shanghai, en passant par Singapour et Tokyo, les cambistes et les traders des banques suisses hésitent à opérer tant que les incertitudes financières pèseront aux Etats-Unis. Et que Wall Street n’aura pas réactivé ses systèmes informatiques et assuré la réouverture de ses marchés.
«Les différentes parties de l’économie globale sont devenues à ce point interdépendantes, aujourd’hui, qu’un problème dans l’une d’entre elles a très vite des répercussions sur l’ensemble du monde par son impact sur les flux financiers», déclare un responsable de la banque Pictet à Tokyo.
Dans les salles de changes et de titres d’UBS Warburg et de Credit Suisse First Boston à Tokyo, les transactions restent peu fournies après les attentats anti-américains. Les craintes de problèmes de règlement tiennent les investisseurs à distance.
Des clients sous le choc
«Le sujet du jour sur le marché, c’est d’éviter les règlements. Tout le monde partage le même souci, tout le monde dépend de Wall Street. Tout le monde est branché sur ses systèmes informatiques», explique un trader de Credit Suisse First Boston à Tokyo.
C’est la raison pour laquelle tant que New York n’aura pas rouvert, «le marché en Asie et ailleurs dans le monde sera bloqué ou presque». «Nos clients sont sous le choc de ces attaques terroristes contre l’Amérique »déclare Simon Coombe, chef du département des titres japonais chez UBS Warburg qui assure, d’habitude, 2,5% de toutes les transactions de la Bourse de Tokyo.
Sa salle de marché qui emploie 250 personnes reste peu occupée. Ses traders ont le temps de méditer sur les conséquences économiques des évènements qui ont frappé New York et Washington.
Georges Baumgartner, Tokyo
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