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Les raisins de la colère

L’importance d’une agriculture nationale et son rôle nourricier doivent être reconnus par Berne, selon les vignerons romands. Keystone Archive

Lundi, à Berne, des viticulteurs romands ont brûlé le rapport sur la future politique agricole du Conseil fédéral. Une action qui pourrait aller jusqu'au referendum.

Les vignerons romands ont décidé de sensibiliser le monde politique. Lundi, ils ont remis un manifeste à l’Office fédéral de l’agriculture. Un document de trois pages qui résume la cause pour laquelle ils se battent.

Un marché équitable

«Nous revendiquons une autre politique agricole pour les années à venir, lance Willy Cretegny. En premier lieu, Berne doit reconnaître l’importance d’une agriculture nationale et son rôle nourricier.»

Et le bouillant vigneron genevois d’ajouter: «Seule une nourriture produite localement permet aux consommateurs de savoir ce qu’ils ont dans leur assiette.»

Une revendication qui fait écho aux propositions lancées en janvier au Sommet social de Porto Alegre par un certain nombre d’organisations paysannes venues du monde entier.

Willy Cretegny ne parle pas de mesures protectionnistes. Mais il plaide en faveur d’un marché équitable pour tous, au Sud comme au Nord.

«La politique actuellement suivie a déjà provoqué la disparition de 11% des exploitations agricoles, rappelle le vigneron genevois. Les mesures prévues par la politique agricole 2007 en supprimeront 30 à 40% de plus.»

Taxe à l’importation

Dans les faits, Willy Cretegny prône une taxe à l’importation pour les vins à bas prix: «Cette taxe permet d’éviter la concurrence déloyale de produits de mauvaise qualité récoltés par des travailleurs sous-payés.»

Et Willy Cretegny de fustiger la politique commerciale menée par les grands distributeurs: «Selon une étude que nous avons menée à Genève, les vins étrangers occupent l’essentiel de leurs rayons. Les surfaces accordées aux vins suisses ne représentent que 10 à 15%.»

Reste à savoir si les vignerons romands seront entendus. Ils ont bon espoir de rallier les paysans à leur cause. Mais leur problème, c’est d’étendre le débat au niveau national.

«Raison pour laquelle, précise Willy Cretegny, nous envisageons de lancer un referendum contre la politique agricole 2007.»

Le vigneron genevois et ses collègues ne comptent en tous cas pas sur le soutien de l’Union suisse des paysans (USP). Un point de vue que ne partage pas la Fédération suisse des vignerons.

«Malgré leur manifestation, ils n’ont rien obtenu, rappelle son directeur, Pierre-Yves Felley. Nous, comme l’USP, nous privilégions la concertation. Une stratégie qui a déjà porté ses fruits.»

Frédéric Burnand

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