Mauvaise passe pour les assureurs suisses
Les effectifs de la branche ont reculé l'an dernier de 4 %, à 46 000 personnes.
Ce recul est une première depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
«2002 aura été une année «noire» pour la branche, confirme l’Association suisse d’assurances (ASA). En raison de la crise des marchés boursiers et du bas niveau des taux d’intérêt.»
Et le président de l’ASA Hansjörg Frei d’ajouter en substance: aucune éclaircie ne se dessine sur les marchés en 2003; la pression sur les effectifs va donc se maintenir.
Gourmand en effectifs
Pour autant, l’ASA se veut rassurante. Elle ajoute qu’il ne devrait pas y avoir de saignée brutale de l’emploi.
«L’assurance est un secteur gourmand en effectifs, dit le vice-président de l’organisation, Albert Lauper. D’où une certaine résistance lorsque les temps sont durs.»
Plus de 10 000 personnes, soit un cinquième des effectifs de la branche, sont affectés au conseil. Certes, ce chiffre a légèrement reculé, mais il n’a pas plongé comme le prévoyaient certains.
C’est vrai, le client accorde de l’importance au contact personnel. D’ailleurs, la distribution par de nouveaux canaux, comme Internet, n’a pas pris.
«En Suisse, la branche de l’assurance est déjà bien consolidée», estime Albert Lauper. Raison pour laquelle, il ne s’attend pas à une nouvelle phase de bouleversements.
Des résultats médiocres
Quoi qu’il en soit, la branche est sous les feux de la rampe. La plupart des assureurs présenteront des résultats 2002 «peu réjouissants, mauvais, voire misérables».
Impossible avec la crise des marchés de gagner sur des placements les sommes nécessaires à combler la différence entre les frais sinistres et les primes encaissées.
Héritage des années opulentes où les assureurs gagnaient beaucoup rien qu’en brassant de l’argent, les primes sont désormais inférieures aux sinistres.
Depuis l’éclatement de la bulle spéculative, les assureurs ont d’ailleurs dû augmenter leurs primes pour pouvoir combler en partie le déséquilibre. C’est que la concurrence est dure et que les hausses sont limitées.
swissinfo avec les agences
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