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Michel Jordi à bout de souffle

Le «Swissness» est en plein développement, selon Michel Jordi SA. www.micheljordi.ch

Après avoir cherché en vain une solution, la société horlogère Michel Jordi SA dépose une requête de sursis concordataire. Douze employés sont licenciés.

Malgré la recherche active de partenaires, «aucune solution acceptable pour garantir la pérennité de l’entreprise n’a pu être trouvée», explique mercredi Michel Jordi SA.

Le conseil d’administration a pris, fin juillet, la décision de déposer une requête de sursis concordataire.

Quant aux douze collaborateurs licenciés, «tout sera entrepris pour faciliter leur reclassement mais chaque cas est particulier», a précisé son porte-parole, Didier Wacker.

Des «requins» à l’affût

Les difficultés de l’entreprise n’ont pas laissé indifférent. «Il y a eu d’abord un grand élan de solidarité mais aussi beaucoup de requins pour racheter l’entreprise pour le franc symbolique», ajoute Didier Wacker.

La société s’est spécialisée dans les montres «ethno», concept à succès qui a suscité de nombreuses contrefaçons.

Ces dernières années, Michel Jordi SA a aussi vécu une réorientation des achats impulsifs des ménages vers la téléphonie mobile et l’Internet.

Enfin, depuis janvier, l’entreprise n’arrivait plus à financer le marketing nécessaire au renouvellement des produits.

Pas de braderie

«Néanmoins jusqu’à fin 2001, Michel Jordi SA a toujours payé ses fournisseurs à trente jours», rappelle Didier Wacker.

«Michel Jordi est le principal créancier de la société avec un très gros pourcentage, il n’était pas question pour lui de la brader. Les solutions proposées n’étaient pas non plus envisageables pour le personnel.»

Les produits distribués sous licence tels que la maroquinerie (Eurochic), les foulards et cravates (Lehner) et les textiles (Shorthouse) ne sont pas touchés par cette décision, précise la société. Ils continueront d’être vendus dans les magasins spécialisés.

Ce qui signifie que le concept ethno suisse se poursuit pour l’instant, avec les produits dérivés des montres. D’après Didier Wacker, le «Swissness» est en plein «développement».

Les difficultés de la société basée à Nyon étaient connues depuis fin mai. Le conseil d’administration avait alors mis sur pied une task force avec mission d’analyser toutes les solutions envisageables.

swissinfo avec les agences

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