Novartis-AstraZeneca: Bruxelles s’apprête à mener une enquête approfondie
La Commission européenne veut examiner de plus près le projet de fusion entre les secteurs agrochimiques de Novartis et d’AstraZeneca, fusion qui doit donner naissance à Syngenta. Le gendarme de la concurrence se dirige vers une enquête approfondie.
La Commission européenne veut examiner de plus près le projet de fusion entre les secteurs agrochimiques de Novartis et d’AstraZeneca, fusion qui doit donner naissance à Syngenta. Le gendarme de la concurrence se dirige vers une enquête approfondie.
Même sans faire partie de l’Union européenne, la Suisse industrielle se frotte souvent aux exigences communautaires en matière de concurrence. Mardi dernier, le projet de fusion Algroup-Alcan-Pechiney s’est heurté aux services du commissaire Mario Monti, au point de provoquer le retrait provisoire de Pechiney. Puis, Holderbank a vu son amende réduite dans l’affaire du cartel du ciment.
Dans le cas du géant bâlois Novartis et de la société britannico-suédoise AstraZeneca, l’enquête de routine menée par la Commission européenne n’a pas permis de la rassurer entièrement quant au respect des règles de la concurrence. Et selon un porte-parole de la Commission, les deux partenaires n’ont offert, à ce stade, aucun désinvestissement.
La deuxième étape, celle de l’enquête approfondie, n’est pas pour autant une indication négative: elle est relativement courante quand les acteurs en jeu présentent une telle importance. La société issue de la fusion, baptisée Syngenta, deviendrait le numéro un mondial de la protection des cultures, avec un chiffre d’affaires de quelque 8 milliards de dollars. La Commission européenne aura quatre mois, si l’ouverture d’une enquête approfondie se confirme, pour vérifier que le projet n’est pas de nature à étouffer toute concurrence.
Selon le projet de fusion, les actionnaires de Novartis détiendront 61 pour cent du capital de Syngenta, contre 39 pour cent pour ceux d’AstraZeneca. Sur les 23 500 emplois actuels, dont 3000 en Suisse, leur union aboutirait à la suppression de 3000 postes.
Thierry Zweifel, Bruxelles
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.