Nuages gris dans le ciel conjoncturel suisse
La Suisse devrait pouvoir éviter la récession, mais pas un ralentissement de son économie. Tout dépendra de l'évolution de la situation internationale.
Comment la Suisse va t-elle résister à l’affaiblissement de la situation économique mondiale? Un glissement vers la récession perceptible dès la première moitié de cette année, mais que les attaques terroristes du 11 septembre contre les Etats-Unis, et leurs conséquences, ont évidemment précipité.
Deux des instituts qui suivent l’évolution conjoncturelle viennent de livrer leurs analyses et leurs prévisions, avec des résultats parfois assez différends.
Ainsi, pour l’Institut Créa, basé à l’université de Lausanne, l’économie suisse va «frôler la récession» en cette fin d’année et au début de la suivante. Pour l’ensemble de 2001, il limite son pronostic de croissance du Produit intérieur brut à 1,2%.
L’effet des attentats du 11 septembre
Le BAK, un institut bâlois, est lui plus optimiste: le ralentissement est net, mais l’économie du pays devrait tout de même croître de 1,7% en 2001. Pour l’année prochaine aussi, les Bâlois sont un peu plus optimistes que les Lausannois. Le BAK prévoit une progression de 1,8% du PIB, le Créa la limite à 1,5%.
Quoiqu’il en soit, le coup de frein sera sévère, par rapport aux 3% enregistrés l’année passée – «une croissance exceptionnelle» note le BAK. Le choc du 11 septembre a en fait annihilé les espoirs d’une reprise rapide. Premier facteur négatif: la récession aux Etats-Unis, et ses effets sur l’économie mondiale. Les exportateurs suisses s’en trouvent pénalisés.
L’effet des attentats du 11 septembre
Le BAK, un institut bâlois, est lui plus optimiste: le ralentissement est net, mais l’économie du pays devrait tout de même croître de 1,7% en 2001. Pour l’année prochaine aussi, les Bâlois sont un peu plus optimistes que les Lausannois. Le BAK prévoit une progression de 1,8% du PIB, le Créa la limite à 1,5%.
Quoiqu’il en soit, le coup de frein sera sévère, par rapport aux 3% enregistrés l’année passée – «une croissance exceptionnelle» note le BAK. Le choc du 11 septembre a en fait annihilé les espoirs d’une reprise rapide. Premier facteur négatif: la récession aux Etats-Unis, et ses effets sur l’économie mondiale. Les exportateurs suisses s’en trouvent pénalisés.
Une grande incertitude
Autre facteur, psychologique, mais essentiel: «La confiance des consommateurs et des investisseurs a été fortement ébranlée», relève Délia Nilles, directrice-adjointe du Créa.
Mais l’économie suisse n’envoie pas que des signaux négatifs, comme le souligne Christoph Koellreuter, directeur du BAK, qui explique, par-là, le caractère légèrement plus optimiste de ses prévisions.
«Sur le plan structurel, le secteur international s’est très bien adapté aux défis de la mondialisation. Les secteurs orientés vers l’intérieur sont aussi forcés à s’adapter. La productivité croît et cela nous rend plus compétitifs.»
Mais, dans l’immédiat, une dizaine de jours après le début de la riposte américaine contre l’Afghanistan, la grande inconnue reste l’évolution de la situation internationale.
L’espoir d’une guerre «ciblée et courte»
Le Créa écarte l’hypothèse d’un conflit généralisé et table sur des opérations militaires «bien ciblée et de courte durée». Un scénario qui permettrait de limiter les dégâts et d’envisager une reprise de la conjoncture mondiale dès le milieu de l’année prochaine. Délia Nilles dresse d’ailleurs un parallèle.
«Lors de la guerre du Golfe aussi la confiance des consommateurs était au plus bas. Au moment où il y a eu des interventions, et que l’on a vu qu’elles étaient de courte durée, l’économie est repartie.» Mais, évidemment, personne ne peut exclure un scénario beaucoup plus pessimiste, avec l’installation durable d’un climat d’incertitudes.
Scénario noir
Un scénario pessimiste que le BAK a voulu chiffrer, même si l’institut bâlois penche pour un redressement de l’économie américaine au début de l’année prochaine.
Mais dans le cas contraire, si les Etats-Unis devaient rester en récession quatre trimestres de suite, la croissance en Suisse se limiterait alors, pour l’année prochaine, à environ 1%.
Pierre Gobet, Zurich
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.