Opération de charme malaisienne
Le Premier ministre malaisien effectue sa première visite officielle en Suisse. L'occasion pour Mahathir Mohamad de relancer les investisseurs suisses.
«La Malaisie essaye de se rendre à nouveau attractive auprès des investisseurs occidentaux». Selon Philippe Reigner, directeur du Centre de recherche sur l’Asie moderne (CRAM), tel est l’objectif principal de la visite officielle du Premier ministre malaisien en Suisse.
Une visite au cours de laquelle Mahathir Mohamad a rencontré le ministre des Affaires étrangères Joseph Deiss, celui de l’économie Pascal Couchepin et le président de la Confédération Kaspar Villiger.
Forte présence helvétique
Des entretiens officiels qui ont permis, notamment, de faire le point sur la lutte mondiale contre le terrorisme. «Mahathir Mohamad est considéré par Washington comme un très bon élève de la lutte anti-terroriste. Un rôle jugé essentiel pour ce pays à forte majorité musulmane», relève Philippe Regnier.
Raison de plus pour les investisseurs de miser sur la Malaisie. D’autant que ce pays ne manque pas d’atouts, comme le rappelle Philippe Regnier : «La Malaisie est au cœur d’un marché potentiel de plusieurs centaines de millions d’habitants».
«Les multinationales suisses, poursuit le directeur du CRAM, l’ont bien compris et sont déjà fortement implantées sur place». Le leader en la matière n’est autre que Nestlé avec près d’une dizaine d’usines qui génèrent un chiffre d’affaire d’un milliard de dollars environ.
«Les PME helvétiques ont également fortement investit en Malaisie. Soit en délocalisant tout ou partie de leur production, soit en sous-traitant une partie de leur activité à des acteurs locaux», précise Philippe Regnier.
Selon le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO), quelques 120 firmes helvétiques sont présentes en Malaisie. Ce qui permet à la Suisse de figurer, depuis plusieurs années, parmi les dix principaux investisseurs en Malaisie.
De son coté, la Banque nationale suisse a calculé que le montant total des investissements suisses était de 937 millions de francs suisses à la fin 1999.
Des signes de redémarrage
Une dynamique brisée par la crise financière asiatique de la fin des années 90 et l’éclatement de la bulle technologique. La Malaisie s’est en effet spécialisée dans le secteur électronique – en particulier dans le domaine des microprocesseurs – et dans celui des machines-outils.
«Depuis trois à six mois, souligne Philippe Regnier, les signes de redémarrage se multiplient». Une reprise que Mahathir Mohamad compte renforcer en rencontrant des représentants de l’économie suisse.
D’autant que la balance commerciale entre les deux pays est favorable à la Suisse. En 2001, la Malaisie a importé pour plus de 500 millions de francs de produits helvétiques, alors que ses exportations vers la Suisse se sont montées à moins de 250 millions de francs.
swissinfo/Frédéric Burnand à Genève
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.