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Première mondiale: l’auto-stop…électronique

250 à 300 auto-stoppeurs sont transportés chaque mois. www.car-los.ch

La région de Burgdorf, près de Berne, inaugure un système d'auto-stop qui permet à l'auto-stoppeur d'annoncer sa destination électroniquement.

Comment faire de l’auto-stop un moyen de transport public sans qu’en souffrent ses qualités intrinsèques: souplesse et convivialité? C’est ce que se demande depuis plusieurs années Paul Hasler, ingénieur à Burgdorf près de Berne et propriétaire d’un bureau spécialisé dans le lancement «d’utopies».

Sa solution s’appelle «Carlos». Elle est en place depuis trois mois et elle va faire l’objet, ces trois prochaines années, d’études scientifiques des universités de Berne, Zurich et Wuppertal (Allemagne).

«Carlos»: le maillon manquant

L’idée à la base de Carlos, c’est d’aménager le maillon qui manque souvent dans la chaîne des transports, notamment en régions rurales, lorsqu’il s’agit d’assurer la liaison entre un lieu donné – spécialement son lieu de domicile – et l’arrêt de bus ou de train le plus proche.

Prendre sa voiture – dans la mesure où l’on en a une – peut être irrationnel si la distance à parcourir n’est pas considérable. Aller à pied est peut-être trop long. Et la bicyclette, suivant le temps, l’âge et les circonstances, pas toujours idéale. C’est là qu’intervient Carlos.

Le nom a été choisi parce qu’il est facile à retenir et parce qu’il est la contraction de deux mots: ‘car’, soit la voiture en anglais, et ‘los’, synonyme en allemand de ‘libre, détaché’.

Bornes lumineuses

Le système fonctionne de la manière suivante: au bord des routes situées aux abords de sept communes de la région de Burgdorf, Carlos a installé onze bornes visibles de loin sur lesquelles s’affichent électroniquement les noms des endroits où un auto-stoppeur souhaite se rendre.

C’est l’auto-stoppeur qui actionne l’inscription en touchant sur la borne le bouton correspondant et en payant deux francs. Un franc sert au financement du système.

Et en échange du deuxième franc, l’auto-stoppeur reçoit un bon de voyage, qui permet d’acheter de l’essence ou des billets de chemin de fer, et qu’il remet, en signe de reconnaissance, à l’automobiliste qui le prend en charge.

Caméras vidéos

Tout est fait pour assurer la sécurité des participants. Les femmes qui préfèrent ne pas être transportées par un automobiliste mâle peuvent par exemple le faire savoir en actionnant le bouton correspondant.

Les auto-stoppeurs sont assurés contre les conséquences d’un éventuel accident. Et toutes les bornes sont surveillées en permanence par des caméras-vidéos, dont le fonctionnement, notons-le, a été approuvé par le Préposé fédéral à la protection des données.

Toute une série d’organismes publics et privés appuient le projet, en particulier l’Office fédéral des routes et celui de l’environnement.

Réactions positives

Jusqu’ici, les réactions du public (y compris celles de nombreuses personnes âgées) sont presque toutes positives.

Le bilan chiffré, même s’il n’est pas spectaculaire, semble encourageant. 250 à 300 auto-stoppeurs ont été transportés chaque mois dans le cadre de Carlos et les temps moyens d’attente sont de 5 à 7 minutes.

Co-inventeur de Carlos, Paul Hasler estime cependant qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur le succès de l’expérience. Pour lui, un tel projet ne peut fonctionner «que si beaucoup de choses changent dans les têtes», ce qui, dit-il, prend du temps.

swissinfo/Michel Walter

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