Rentenanstalt se recentre sur l’assurance vie
Rentenanstalt/Swiss Life veut se concentrer sur l'assurance vie ainsi que sur les marchés suisse, français, allemand, belge, luxembourgeois et néerlandais.
Ce recentrage entraîne la suppression de 700 emplois supplémentaires, dont 500 en Suisse.
«Chez nous aussi, les turbulences sur le marché des capitaux ont laissé des traces», admet Andres Leuenberger, président du conseil d’administration de Rentenanstalt/Swiss Life.
En avril dernier, le plus grand assureur vie de Suisse prévoyait déjà de supprimer 800 postes de travail, sur un effectif de 12 800 personnes à l’époque.
Quant aux 700 suppressions d’emplois supplémentaires annoncées mercredi, elles ne pourront pas se faire sans licenciements, avertit Roland Chlapowski, président de la direction générale.
On coupe les branches
La nouvelle stratégie de Rentenanstalt/Swiss Life verra le groupe se recentrer sur son métier de base et sur quelques marchés porteurs. Soit la Suisse, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg.
Autrement dit, les sociétés actives en Grande-Bretagne, en Italie et en Espagne, ainsi que les activités non-vie en France et en Belgique seront vendues.
A vendre également, la compagnie d’assurances La Suisse, la Société fiduciaire suisse (gestion de fortune) et le Banco del Gottardo.
Pour ces trois derniers toutefois, il faudra attendre un peu. «Il n’y a pas de marché pour ces sociétés en ce moment et nous ne voulons pas les brader à vil prix», explique Roland Chlapowski.
En conséquence, le groupe va poursuivre ces activités jusqu’à ce que ces conditions du marché s’améliorent.
«Cette nouvelle stratégie doit nous permettre de rester rentables indépendamment des fluctuations des marchés financiers, qui sont par trop volatiles en ce moment», résume Roland Chlapowski.
Perte sèche
En attendant, le groupe a perdu 386 millions de francs au premier semestre 2002, alors qu’il en gagnait encore 253 millions sur la période correspondante de 2001.
Ce résultat s’explique principalement par des amortissements extraordinaires et des provisions à hauteur de 624 millions, que Rentenanstalt/Swiss Life a dû constituer pour renflouer un peu le Banco del Gottardo et la Société fiduciaire suisse,
Par ailleurs, les capitaux propres du groupe ont diminué de 1,1 milliard de francs pour s’établir à 3,9 milliards, une évolution qui résulte de la baisse de valeur sur le marché des placements.
Il est donc prévu de transformer la maison-mère en une structure de holding, tout en procédant à une augmentation de capital de l’ordre de 0,9 à 1,2 milliards. Une assemblée extraordinaire des actionnaires devra en décider au mois d’octobre.
Secteur sinistré
Ces résultats ne surprennent pas les analystes. L’ampleur de la perte était attendue, car le secteur des assurances souffre dans son ensemble.
Les restructurations annoncées, comme la focalisation sur l’assurance-vie, sont jugées conformes à la tendance actuelle du secteur. «Les marchés attendaient ces mesures», estime Michel Widerkehr, de la Banque cantonale vaudoise.
Par contre, l’analyste attend de Rentenanstalt/Swiss Life qu’elle dévoile «au plus vite» les conditions de son augmentation de capital afin de rassurer les marchés et d’éviter toute spéculation sur le titre.
Michel Widerkehr se montre également sceptique quant aux futures cessions de l’assureur, comme celle du Banco del Gottardo et de La Suisse. Selon lui, trouver des acheteurs sera très difficile, surtout dans le contexte de morosité actuel.
«Une nouvelle affligeante»
Côté syndical, l’annonce de la suppression de 700 emplois supplémentaires provoque évidemment la grogne.
«C’est une nouvelle affligeante» tonne Edi Class, secrétaire général de la Société suisse des employés de commerce (SSEC). Selon lui, le personnel fait les frais de diverses erreurs commises par la direction.
Par contre, le syndicat salue l’initiative de l’assureur de contacter spontanément les partenaires sociaux. La SSEC exigera la mise en place d’un plan social et d’une bourse aux annonces, pour redonner au plus vite un travail aux personnes touchées.
De son côté, Serge Gaillard, secrétaire dirigeant à l’Union syndicale suisse souhaite trouver une solution qui éviterait tout licenciement.
swissinfo avec les agences
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