Rouler phares allumés, de jour aussi
C'est l'habitude que dix-neuf associations veulent inculquer aux conducteurs suisses. Elles rencontrent des résistances côté romand.
Le Bureau de prévention des accidents (BPA), mais aussi auto-suisse, l’association d’importateurs de voitures, le touring club suisse (TCS), l’Automobile Club de Suisse (ACS)… Dix-neuf associations, souvent opposées, mènent une campagne commune.
Leur croisade: «Démarrer. Allumer!», du nom de la campagne qu’elles ont lancée ce mardi à Berne. Et qui encourage les conducteurs à allumer, de jour également, leurs feux de croisement.
Une économie financière
«Appliquée en Suisse, cette mesure permettrait d’éviter quelque 40 morts de la route par année, et 2800 blessés», souligne Beatrice Ruckstuhl, porte-parole du BPA. Les véhicules étant plus visibles, les collisions mortelles seraient réduites de 25%.
Autre argument: généralisée, cette mesure entraînerait des économies financières de plus de 70 millions de francs par an. Et cela en tenant compte de la nécessité de changer plus souvent les ampoules. Alors que la consommation d’essence ne serait augmentée que de 1 à 2%.
D’ailleurs, plusieurs pays obligent déjà leurs conducteurs à rouler feux allumés, de jour aussi. C’est notamment le cas des pays nordiques, de la Hongrie et du Canada.
La Suisse, elle, va compléter son ordonnance sur les règles de la circulation routière. Dès le 1er janvier 2002, la législation recommandera de rouler à toutes heures feux allumés.
Un système de couplage automatique
Les mentalités semblent donc bien en train de changer, et 9% des conducteurs enclenchent déjà leurs phares par tous les temps. L’industrie automobile européenne envisage d’ailleurs d’équiper ses véhicules d’un système de couplage automatique entre l’allumage du moteur et celui des phares.
Une nouveauté qui ne va pas sans créer certaines résistances. Celles notamment de l’Association romande des familles des victimes de la route. Selon qui les morts vont augmenter parmi les usagers les plus vulnérables.
Comprenez par-là que, dans cette compétition lumineuse, les piétons et les cyclistes seront moins visibles que les voitures. Un avis partagé par l’association «Mobilité piétonne», qui regroupe 4000 membres dans toute la Suisse, mais aussi par des associations européennes de piétons et de cyclistes.
Un argument balayé par le BPA, dont la chargée d’information romande, Catherine Strasser, conclut: «quand il y a une nouveauté, il y a aussi des oppositions. Aucune mesure n’est jamais efficace à 100%, mais il faut peser le pour et le contre. Et là, les avantages l’emportent.»
Caroline Zuercher
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