Swiss adhère à l’alliance Oneworld
Swiss accepte la proposition d'adhésion de Oneworld. Elle devient ainsi membre d'une alliance mondiale qui regroupe des compagnies aériennes de premier rang.
La compagnie helvétique estime qu’elle vient d’atteindre l’un de ses principaux objectifs stratégiques.
Swiss devient ainsi le neuvième membre de l’alliance, qui regroupe les compagnies American Airlines, British Airways, Qantas, Cathay Pacific, Iberia, LanChile, Finnair et Aer Lingus.
L’adhésion se traduit pour la clientèle de Swiss par de nouvelles liaisons aériennes et par des fréquences aériennes supplémentaires.
Oneworld propose en effet chaque jour plus de 8600 vols vers plus de 570 destinations dans 136 pays.
Par ailleurs, les membres de Oneworld ont l’intention de renforcer le rôle de l’aéroport de Zurich en tant que plateforme de correspondances au cœur de l’Europe.
Parallèlement, Swiss et British Airways ont signé le 22 septembre une déclaration d’intention portant sur une alliance stratégique.
L’accord avec la compagnie aérienne britannique et l’adhésion à Oneworld améliorent sensiblement les perspectives économiques de Swiss.
Collaborations étendues
En qualité de membre de l’alliance à part entière, Swiss peut renforcer sa collaboration avec chaque compagnie membre et l’étendre à toute l’alliance. Le fait que l’alliance ait sollicité Swiss révèle la confiance des compagnies membres envers la compagnie helvétique et son plan stratégique, selon Swiss.
Swiss s’attend à des retombées commerciales directes à hauteur de 100 millions de francs suisses par an. Au cours des trois dernières années, les membres de Oneworld ont généré au sein de l’alliance plus de deux milliards de dollars de recettes supplémentaires.
L’adhésion de Swiss à Oneworld fait de l’aéroport de Zurich l’un des hubs du réseau de l’alliance mondiale. Les compagnies membres ont l’intention d’intensifier le trafic aérien via Kloten afin de profiter des capacités non utilisées et des atouts pratiques de l’aéroport.
Dirigeants de Swiss confiants
L’adhésion à Oneworld constitue un «pas important», affirme le président du conseil d’administration de la compagnie helvétique. Mais, ajoute-t-il, Swiss doit encore remplir plusieurs devoirs.
Et Pieter Bouw de préciser que le devoir le plus important est d’assurer les liquidités nécessaires à la survie de Swiss.
De son côté, André Dosé affirme que British Airways est disposée à assumer une garantie de 50 millions de francs, dans le cadre des facilités de crédit accordées par les actionnaires et les partenaires de Swiss.
En échange, dit le président de la direction de la compagnie helvétique, Swiss céderait à British Airways des créneaux horaires à l’aéroport de Londres-Heathrow.
Certes des points de détail restent à régler. Mais André Dosé se dit «confiant» lorsqu’il évoque un accord sur le financement de la compagnie.
Concrètement, les pourparlers sont menés à la fois avec l’UBS et le Credit Suisse Group (CSG), mais également avec des banques internationales et avec la Confédération.
Le meilleur choix possible
Rallier l’alliance Oneworld constitue pour Swiss «le meilleur choix possible», analyse Yann Cochennec. Selon lui, la compagnie suisse et l’aéroport de Zurich ont tout y à gagner.
«Cette nouvelle dégage de manière importante le ciel de Swiss», ajoute l’expert en aéronautique et directeur de la revue «Air & Cosmos».
Toutes les autres options (Star Alliance ou encore une prise de participation de Lufthansa) auraient conduit à terme à la disparition du transporteur suisse.
Et Yann Cochennec de rappeler que Star Alliance possède deux hubs spécialisés qui concurrencent directement Zurich, à savoir Munich et Vienne.
De plus, Lufthansa (chef de file de cette alliance) se serait débrouillée pour drainer à son profit toute la clientèle de Swiss. «Sans parler du fait, conclut-il, que la compagnie allemande aurait avalé Swiss un jour ou l’autre.»
Premières réactions syndicales
«Cela dit, relève Daniel Vischer, cette adhésion à Oneworld ne résout pas le problème le plus urgent de Swiss, à savoir le manque de liquidités.»
«Car, ajoute le président de la section zurichoise du Syndicat des services publics (SSP), les 100 millions de francs de retombées commerciales induites par l’alliance sont dérisoires.»
Pour Daniel Vischer, la solution présentée n’en est donc pas une. D’autant plus qu’elle ne dit rien sur l’apport de liquidité qui serait nécessaire pour sauver la compagnie.
Et de conclure que de ces liquidités – dont le besoin est estimé à 500 millions de francs – dépendent des milliers d’emplois.
swissinfo et les agences
– Novembre 2001: Crossair mène des discussions avec Oneworld, mais aussi avec SkyTeam et Star Alliance.
– Mars 2002: Swiss succède à la compagnie régionale Crossair. American Airlines, membre de Oneworld, devient le partenaire de Swiss pour l’Amérique du Nord.
– Novembre 2002: Fortement déficitaire, Swiss compte supprimer 300 emplois. Trois mois plus tard, elle annonce la suppression de 700 emplois supplémentaires.
– Mai 2003: Le patron André Dosé affirme que Swiss ne peut pas rester viable sans «prendre part à une fusion». Les discussions avec Skyteam sont abandonnées.
– Juin 2003: Swiss annonce la suppression de 3000 emplois.
– Juillet 2003: Le titre Swiss grimpe sur fond de rumeurs d’une reprise par Lufthansa. La compagnie allemande dément.
– Août 2003: Swiss annonce une perte nette de 333 millions de francs au 1er semestre. La question de l’alliance reste ouverte.
– Septembre 2003: Swiss annonce son adhésion à Oneworld.
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