Swiss Re dresse un «atlas des catastrophes»
Pour mieux évaluer les risques à venir, Swiss Re édite une œuvre scientifique monumentale.
La compagnie suisse de réassurance met le point final, cette année, à la rédaction d’un «atlas des catastrophes» en Chine.
En 1998, Swiss Re a décidé d’établir un «atlas des catastrophes» en Chine avec l’aide de scientifiques de l’université de Pékin.
Quatre ans plus tard, cette «longue marche», selon les termes de Pierre Ozendo est pratiquement terminée.
Selon le responsable du département Asie de la compagnie suisse de réassurance, l’établissement d’une somme d’informations destinées à identifier les endroits du pays les plus susceptibles de subir un désastre naturel est en voie d’achèvement.
Des milliers de données historiques
«Le plus grand risque auquel est exposée l’économie chinoise, du point de vue d’un assureur, ce sont des catastrophes naturelles comme des tremblements de terre, des inondations, des tempêtes qui coûtent, chaque année, des milliards et des milliards de dollars à l’économie», observe Pierre Ozendo.
Ensemble, les experts de la compagnie suisse et les professeurs de l’université de Pékin ont réuni, d’un bout à l’autre de ce pays-continent, des milliers de données historiques, climatiques, géologiques.
Certaines datent du 12e siècle. Elles ont été traitées sur ordinateurs afin de fournir aux assureurs des indications sur les régions de la Chine les plus susceptibles, à l’avenir ,d’être frappées par des catastrophes naturelles.
«Nous essayons de dresser une carte démographique de ces zones pour mieux aider notre industrie à faire face à un désastre», ajoute Pierre Ozendo.
L’ombre du 11 septembre
Cette oeuvre de longue haleine de Swiss Re coïncide avec le travail de réévaluation des risques que l’industrie de la réassurance a entrepris à la suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis.
«Un atlas des catastrophes est d’une importance considérable aussi pour les grandes entreprises suisses actives en Chine. Surtout lorsqu’on sait que l’économie chinoise a connu une croissance exponentielle ces dernières années», explique un analyste de UBS Warburg à Hong Kong.
Ces vingt dernières années, l’accumulation d’actifs et de richesses a, sans doute, triplé en Chine. Assureurs et multinationales ont intérêt à savoir quelles sont les villes les plus menacées par une catastrophe naturelle.
Ils ont également intérêt à évaluer le montant des pertes matérielles et humaines qu’elles subiraient. Une chose est sure: ces dégâts seront sans commune mesure par rapport à il y a vingt ans.
Ceci explique pourquoi Swiss Re renforce sa présence en Chine lentement mais sûrement.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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