Swiss Re sur le marché chinois
La compagnie de réassurance l'annonçait vendredi. Les autorités chinoises confirment. Swiss Re accédera au marché chinois par étape. Mais c'est une première.
Swiss Re est littéralement obnubilée par la Chine. Et pour cause, son marché représente près d’un milliard d’assurés potentiels.
Mieux, à force de patience, la compagnie suisse de réassurance a fini par obtenir ce qu’elle convoitait depuis très longtemps. Autrement dit, un accord des autorités chinoises.
Une licence qui lui permettra de vendre ses produits de réassurance non vie et vie d’un bout à l’autre du pays. Mais à terme seulement.
D’abord Pékin et Shanghai
En effet, la Chine ne cède pas aussi rapidement que le souhaiterait Swiss Re. Qui devra d’abord développer son réseau de succursales à Pékin et à Shanghai où elle dispose de représentations, depuis cinq ou six ans déjà.
Et ce n’est qu’après qu’elle pourra enfin opérer à l’échelle nationale. Une condition qui n’empêche pas le responsable pour l’Asie de Swiss Re de se montrer sa satisfaction.
«Cet accord, dit Pierre Ozendo, constitue une excellente base pour nous. De plus, il répond aux besoins de l’économie chinoise et d’une population toujours plus désireuse de protéger sa vie et ses biens.»
Une croissance de 20 à 30%
Le marché chinois de l’assurance bat tous les records de croissance au monde. Ces dix dernières années, les primes d’assurance non vie ont en effet augmenté au rythme annuel de 10%. Et les primes vie de 24%.
Et ce n’est qu’un début. Selon le président de la sociéte Pinan, le marché chinois de l’assurance devrait croître de 20% à 30% par an.
Aucun autre secteur, ajoute Ma Mingzhe, ne devrait se développer aussi rapidement. Mieux, cette formidable croissance devrait se poursuivre pendant 15 à 20 ans.
«En 2005, prévoit Ma Mingzhe, le volume des primes encaissées en Chine dans le secteur de l’assurance-dommage dépassera ceux de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne réunies.»
Les Suisses sont mieux placés
En fait, cette ouverture du marché aux compagnies étrangères est liée à la récente accession de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Et, à Pékin, les Suisses comme Swiss Re, Zurich ou Winterthur ont une meilleure cote que leurs rivaux européens ou américains tels que Munich Re ou GE Reinsurance.
«Certes, la Chine ouvre son marché à Swiss Re et à d’autres, relativise un analyste de la banque d’affaires UBS Warburg à Hong Kong. Mais elle s’est toujours arrangée jusqu’ici pour protéger les intérêts de ses propres assureurs.»
Et de conclure: «Les sociétés étrangères qui gagnent de l’argent en Chine sont encore rares».
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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