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Swissair se vend bien

Il y en a pour tous les goûts. swissinfo.ch

La vente du matériel l'ancienne compagnie aérienne Swissair a commencé jeudi près de Kloten. Elle durera plusieurs semaines.

Davantage attirées par la qualité et l’originalité des produits que par nostalgie, des milliers de personnes ont pris d’assaut l’entrepôt.

Les premiers sont arrivés peu après quatre heures du matin et, à huit heures, il y avait déjà un attroupement devant l’entrepôt situé dans le quartier industriel de Bassersdorf, à côté de Kloten.

Une heure plus tard, pour l’ouverture, la file d’attente s’allongeait sur une centaine de mètres et elle n’a cessé de s’étendre, atteignant jusqu’à 400 mètres en milieu d’après-midi.

Entre deux et trois heures d’attente sous la pluie. Avec, pour tout ravitaillement, un stand à saucisses grillées… Manifestement, la marque Swissair continue d’attirer les foules.

«Les articles sont de bonne qualité, leur design est original et ça nous rappelle des souvenirs, lorsqu’on buvait le café en vol», dit cette dame en désignant une petite tasse en porcelaine.

«C’est une nouvelle page qui se tourne», lâche, de son côté, Peter Schneiter, responsable de la liquidation pour Swissair.

Cela dit, la nostalgie n’était pas la raison première du déplacement de ces milliers de personnes. Examinant attentivement la vaisselle, cet homme confie qu’il apprécie de ne pas avoir le logo Swissair sur les tasses et les assiettes qu’il achète.

La vaisselle et les couverts forment la plus grande partie des trois tonnes de marchandises exposées. (Les équipements et le matériel de bureau seront mis en vente dans un deuxième temps). Et ce sont aussi les articles les plus achetés en ce premier jour de liquidation.

Acheter pour revendre

Certains viennent dans l’espoir de faire des affaires. Ainsi, cette ancienne hôtesse dont le caddie déborde ne cache pas qu’elle compte replacer la marchandise qu’elle vient d’acheter.

«Je garde les verres pour moi, et je revendrai le reste, par Internet. J’ai déjà des demandes, dit-elle, mais je vais attendre un peu, une année peut-être. Pour le moment, on peut tout trouver ici!»

Les vacances ont permis à beaucoup de parents de venir avec leurs enfants. Ce père et son fils sont concentrés sur la porcelaine: «C’est pour notre future maison de vacances».

Déjà placée dans la file d’attente – encore une – s’allongeant devant les caisses, cette Bernoise regarde sa fille, interviewée par une télévision locale.

Au fur et à mesure que la file progresse, elle pousse trois paniers remplis de verres et de sacs de voyage au logo Swissair. «Vous avez trouvé tout ce qu’il vous fallait?» lui demande, amusé, son voisin de file d’attente, qui n’a grappillé que quelques fourchettes et cuillères. «Presque, répond-elle en riant. C’est surtout pour mes filles, j’en ai trois.»

Décoration murale

Plus loin, juste avant de payer, ce jeune homme va reprendre encore un croquis plastifié «Safety on board». Il en a déjà une petite dizaine dans son panier. Pour en faire quoi? «Je veux les mettre l’un à côté de l’autre pour une décoration murale».

Finalement, à part quelques soupirs d’impatience – surtout lorsque les acheteurs se rendaient compte qu’il fallait encore attendre avant de pouvoir payer – les organisateurs se sont félicités du succès de cette première journée.

«Je suis très impressionné par la discipline des gens, commente fièrement Peter Schneiter. Je dirais qu’elle correspond à la culture Swissair.»

N’empêche: l’inquiétude, jusqu’en début d’après-midi, était palpable. «Je craignais que des gens ne doivent attendre des heures, pour finalement ne pas pouvoir rentrer, admet Filippo Beck, partenaire du commissaire au sursis concordataire Karl Wüthrich, de l’étude Wenger Plattner.

Et d’ajouter: «Je tiens d’ailleurs à le préciser: la vente va durer encore des semaines. Il n’y a pas besoin de se précipiter».

A partir de 16 heures, les personnes qui arrivaient ont été averties qu’elles ne pourraient plus pénétrer dans le bâtiment. La première journée touchait à sa fin. Mais il y en aura d’autres.

Peter Schneiter estime qu’entre 3000 et 4000 visiteurs sont entrés dans la halle et que 1600 d’entre eux ont acheté quelque chose. Pour ce jeudi 17 octobre, la facture la plus élevée s’est chiffrée à 6000 francs.

swissinfo/Ariane Gigon Bormann à Bassersdorf

Fondation: 26 mars 1931
Grounding: 2 octobre 2001
Envol de Swiss: 31 mars 2002
Début de la liquidation: 17 octobre 2002

Doivent trouver preneur (entre autres):
– 720 000 assiettes en porcelaine
– 360 000 couverts argentés,
– 1, 6 million couteaux, fourchettes, cuillères à soupe, cuillères à café, cuillères à moka.
– 75 000 sacs de couchage, couvertures en laine, taies d’oreiller et oreillers, etc.
– 360 000 sets de nuit.
– 120000 sacs de plage pour enfants, casquettes de baseball, cartes à colorier, animaux en peluche et avions en peluche; avions en plastique (gonflables); sets de craies, etc.

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