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Thai Airways largue ses banquiers suisses

Thaï Airways ne veut plus de ses banquiers suisses RTS

Credit Suisse First Boston ne conseillera plus Thai Airways International pour sa privatisation. Son rapport a été jugé trop critique par la compagnie aérienne.

Depuis quatre ans, la filiale de Singapour de Credit Suisse First Boston (CSFB) aidait Thai Airways International dans son programme de privatisation.

En octobre prochain, la banque d’affaires suisse devait même placer 23% de son capital ou 400 millions d’actions sur le marché.

La direction du transporteur aérien a décidé, vendredi, de renoncer aux services de CSFB. Son crime: avoir publié un rapport pour décourager sa clientèle institutionnelle d’investir dans Thai Airways.

Sous influence des généraux

Son auteur juge le transporteur sous trop haute influence des politiciens et des généraux thaïs. Lesquels se sont toujours considérés comme les seuls propriétaires de la compagnie. Plaçant certains des leurs à la tête de sa direction et de son conseil d’administration. En dépit de leur incompétence chronique.

«Cette attitude de la banque d’affaires suisse est nouvelle», note un responsable d’une grande banque européenne à Tokyo.

«Jusqu’ici, ses analystes s’autocensuraient lorsque ses banquiers traitaient avec des clients aussi importants que Thai Airways».

Ce changement d’attitude s’explique. Aux Etats-Unis, les analystes de Credit Suisse First Boston ont été accusés d’avoir pêché par manque d’honnêteté intellectuelle.

En publiant des rapports trop élogieux sur des sociétés Internet tandis que les banquiers de la même banque assuraient leur placement en Bourse.

Moins d’un an plus tard, certaines de ses sociétés ont fait faillite après l’implosion de la bulle spéculative du Nasdaq, le marché américain des valeurs de haute technologie.

Préserver son indépendance

«L’effondrement de Enron pousse le Credit Suisse et d’autres établissements à se montrer plus transparents dans leurs activité, note le même responsable».

La banque suisse en paie le prix aujourd’hui avec cette décision de Thai Airways. «Mais elle aurait eu beaucoup de mal à placer ses actions à l’étranger. A cause de la mauvaise réputation de la direction du transporteur», ajoute-t-il.

Thai Airways International a décidé de placer ses 400 millions d’actions sur le seul marche thaï. Il renonce encore à trouver un «partenaire stratégique» pour préserver son indépendance dans une industrie en pleine consolidation.

Ces dernières années, Credit Suisse avait tenté, en vain, de convaincre l’un d’entre eux d’entrer dans son capital. Singapore International et Lufthansa avaient exprimé, un temps, leur intérêt.

Enfin, Thaï Airways a choisi un autre consortium de banques dirige par JP Morgan (Thaïlande) pour le conseiller.

Apres ce placement, la part de l’Etat thaï dans la compagnie sera réduite de 93% à 70%.

swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo

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