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Touche pas à mon eau !

L'eau reste un bien très précieux sur la planète. www.picswiss.ch

Une coalition associative et syndicale est partie en guerre jeudi contre la privatisation de l'eau en Suisse.

Elle propose que l’eau potable soit inscrite dans la Constitution en tant que bien public.

«Nous refusons que l’eau soit considérée comme une marchandise ordinaire soumise à la loi du profit». Cette revendication résume la position d’un nouveau groupe de travail intitulé «l’eau comme bien public».

Celui-ci regroupe notamment les organisations ATTAC, Greenpeace et Helvetas, l’Union suisse des paysans, le syndicat suisse des services publics et le canton du Jura.

Pour Rosmarie Bär de la Communauté de travail des organisations d’entraide, les services publics des eaux subissent une pression liée aux négociations de l’OMC sur le commerce des services.

L’Union européenne (UE), de son côté, a déjà demandé à la Suisse d’ouvrir son secteur de l’eau à la concurrence.

Un vote à Wettingen

Rosmarie Bär craint également la transformation en sociétés anonymes du service des eaux de nombreuses communes, notamment en Suisse alémanique. La commune de Wettingen (AR) se prononce ainsi le 24 novembre sur une privatisation de ses eaux.

Dans le canton de Neuchâtel, un projet d’exploitation commerciale d’une source, impliquant Nestlé, avait déjà provoqué une levée de boucliers fin 2001.

La privatisation mène à l’augmentation du prix de l’eau et à la baisse de la qualité des prestations, estime le groupe de travail. «La rentabilité prime sur une logique de réponse aux besoins», souligne Eric Decarro, président du Syndicat des services publics.

André Babey, d’ATTAC-Suisse met en avant le mauvais état du réseau de distribution français, détenu à 75 % par quelques acteurs privés.

Le groupe de travail exige par ailleurs que l’eau potable soit inscrite dans la Constitution suisse comme bien public. Le canton du Jura élabore actuellement une loi pour protéger le caractère public de l’eau sur son territoire, relève Mme. Bär.

La Suisse devrait aussi s’engager pour que l’accès à l’eau potable soit reconnu par l’ONU comme un droit de l’homme, ajoute-t-elle.

L’opposition aux tentatives de privatisation de la distribution de l’eau commence pourtant à s’organiser, dans le sillage du rejet populaire de la loi sur le marché de l’électricité (LME) en septembre, selon M. Decarro.

Nestlé contrecarrée

Dans le canton de Neuchâtel, à Bevaix, le débat avait été particulièrement virulent fin 2001. La résistance avait été déclenchée à l’initiative de deux promoteurs privés souhaitant exploiter la source de Treytel, près de Boudry, à des fins commerciales, en y associant la filiale de Nestlé Perrier-Vittel (Nestlé Waters aujourd’hui).

L’eau devait être commercialisée par Perrier-Vittel comme eau minérale sous l’appellation «aquarel». Attac Neuchâtel avait alors mené une action auprès de la population.

Elle s’était soldée par le dépôt de 130 oppositions écrites et le retrait du projet en janvier 2002. Selon M. Babey, Nestlé aurait évoqué «l’absence de qualité de cette eau».

Pour Marcel Rubin, porte-parole de Nestlé, «le fait de prélever de petites quantités d’eau pour la mettre en bouteille ne menace en aucun cas l’approvisionnement en eau de la population».

Il affirme que la filiale eau de Nestlé n’est responsable que de 0,0006 % du total des prélèvements mondiaux de l’eau, alors que les usages domestiques en constituent 9 %.

swissinfo avec les agences

La Suisse est le château d’eau de l’Europe.
Sur son sol, environ 210 km2 d’eau sont stockés dans les lacs et les glaciers.
Les principaux fleuves européens, tel le Rhin, prennent leur source dans les Alpes suisses.

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