Voyage d’affaires à Téhéran sur fond de bruits de bottes
Le conseiller fédéral Pascal Couchepin se rend à Téhéran samedi et dimanche à la tête d'une importante délégation économique. Cette visite a été maintenue malgré le spectre d'une offensive militaire américaines contre l'Afghanistan, pays voisin de l'Iran.
La dernière visite d’un représentant du gouvernement suisse en Iran remonte à avril 1991. Elle avait été effectuée par René Felber, alors chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).
Aujourd’hui, c’est donc au tour du ministre suisse de l’Economie de faire le déplacement. Vingt-deux ans après la révolution islamique de 1979, le marché iranien et ses 70 millions de consommateurs intéresse la Suisse.
En effet, le président Khatami a entrepris une politique d’ouverture politique mais aussi économique sur le monde extérieur. Depuis quatre ans, la présence des entreprises étrangères est d’ailleurs de plus en plus importante.
Une loi sur la protection des investissements étrangers
Le Parlement iranien doit bientôt voter en dernière lecture une nouvelle loi qui assurera la garantie de l’Etat iranien aux investissements étrangers et qui permettra de rapatrier le capital et les bénéfices en toute liberté et au taux du marché libre.
Outre le président iranien, Mohammad Khatami, le conseiller fédéral Pascal Couchepin doit rencontrer le ministre iranien de l’Economie, Ali Mazaheri, et le président de la banque Centrale, Mohsen Nourbakhsh.
Le ministre suisse de l’Economie doit notifier aux Iraniens la ratification de l’accord bilatéral pour la promotion et la protection des investissements signé en 1998. Berne et Téhéran pourraient aussi signer une déclaration de principe de coopération économique et commerciale.
Pascal Couchepin est accompagné par une vingtaine de responsables d’entreprises suisses qui s’intéressent à un marché en pleine expansion. La dette extérieure iranienne a été ramenée de 25 milliards de dollars en 1996 à 7 milliards de dollars seulement aujourd’hui.
De même, les réserves en devises du pays dépassent les 17 milliards de dollars.
Exportations en forte hausse
Jamais depuis la révolution islamique de 1979, la situation économique n’a été aussi bonne. Ce qui explique l’intérêt des investisseurs étrangers, notamment suisses.
Depuis deux ans, les exportations suisses vers l’Iran ont fortement augmenté (35%). En 2000, la Suisse a importé pour 183,2 millions de francs vers l’Iran (+66% par rapport à 1999) et exporté pour 393,3 millions (+14,8%).
Au cours du premier trimestre 2001, cette tendance s’est maintenue avec 33% d’augmentation, contre 27% pour les pays de l’UE et 6% pour l’ensemble des importations iraniennes.
Au premier trimestre 2001, les produits chimiques et pharmaceutiques ont représenté 45% des exportations suisses vers l’Iran. Les machines et les appareils électriques 38%. Et les instruments de précision 6%.
L’Iran est le troisième partenaire de la Suisse au Moyen-Orient après l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis.
Siavosh Ghazi, Téhéran
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