Washington vole au secours de Credit Suisse First Boston
Les Etats-Unis montent au front pour défendre Credit Suisse First Boston (CSFB). Cette unité du groupe financier suisse est accusée par Pékin d'avoir organisé en Europe des réunions entre le ministre des Finances de Taiwan et des gestionnaires de fonds.
Le secrétaire américain au Trésor Paul O’Neill évoque, ce mardi, à Pékin avec les dirigeants chinois leur décision d’exclure Credit Suisse First Boston d’activités de placements de titres de sociétés chinoises auprès d’investisseurs étrangers.
L’exclusion de CSFB d’activités de placements de titres de sociétés chinoises prend une dimension politique. Paul O’Neill a déclaré à des journalistes qu’il entendait discuter avec les plus hauts responsables chinois des sanctions contre la banque suisse par souci du respect «de l’ouverture véritable des échanges. Et parce que l’on ne pénalise pas des gens qui réalisent des affaires a travers le monde».
Une action «inappropriée»
Selon l’agence Dow Jones, Paul O’Neill a rencontré, ce dernier week-end, en marge d’une réunion des ministres des Finances de l’APEC (le forum pour la coopération économique dans la région Asie-Pacifique) sur sol chinois, son homologue taiwanais. Et il a dit à M. Yen Ching-chang qu’il trouvait «inappropriée» l’action de la Chine contre la banque d’affaires suisse.
Les Etats-Unis considèrent Credit Suisse First Boston comme une banque d’investissement américaine dont le propriétaire est le groupe financier suisse.
Ils notent avec inquiétude que les sanctions chinoises ont, déjà, eu pour conséquence d’inciter les autres géants de Wall Street tels que Goldman Sachs et Merrill Lynch à se tenir à l’écart de Taiwan. Au risque d’empêcher l’île nationaliste d’attirer vers elle les investissements étrangers dont elle a besoin pour l’aider à sortir de sa récession.
La Chine considère Taiwan comme une «province rebelle». C’est la première fois qu’elle punit une entreprise étrangère pour avoir introduit son ministre des Finances M. Yen auprès d’investisseurs européens et américains.
La semaine dernière, l’ambassadeur des Etats-Unis à Pékin Clark T. Randt a exprimé, à sa façon, tout le mal qu’il pensait des sanctions contre Credit Suisse First Boston par l’annulation d’un dîner officiel avec des dirigeants chinois.
Georges Baumgartner
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